Plus de 4 millions de Syriens ont fui leur pays

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International
Un Syrien fait passer un enfant par-dessus les grillages séparant la Syrie de la Turquie, pour fuir les combats en Syrie, le 14 juin 2015, au poste-frontière de Akcakale

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) , il y aurait désormais plus de 4 millions de réfugiés syriens poussés par la guerre hors du pays.

Les Syriens étaient déjà la population comptant le plus de réfugiés dans le monde au début de cette année avec 3 millions de personnes. Ces personnes avaient fui la guerre et les persécutions, et les conflits ne cessant de s'intensifier, la cap des 4 millions de réfugiés vient d’être franchi. Le nombre de réfugiés a augmenté d'un million de personnes au cours des dix derniers mois.

Selon les responsables de l'ONU, le nombre des réfugiés devrait passer à 4,27 millions d'ici la fin de l’année et ce, sans compter les 7,6 millions de personnes qui ont dû se déplacer au sein même de la Syrie.

Syrie : 4 années de guerre pour 4 millions de réfugiés

Depuis début 2011, la Syrie est dévastée par une guerre civile qui gangrène le pays et qui pousse nombre de ses habitants à se déplacer à l’intérieur du pays voire même à s'exiler à l’étranger. Les conflits qui rongent le pays ont donc poussé plus de 4 millions de personnes à quitter le territoire tandis que plus de 7 millions d'autres se sont déplacés à l’intérieur du pays. Selon Antonio Guterres, le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, il s'agit de la "plus grande population de réfugiés pour un seul conflit en une génération." ,"C'est une population qui a besoin du soutien du monde mais qui vit dans des conditions d'extrême précarité et s'enfonce de plus en plus dans la pauvreté."

La grande majorité des réfugiés se trouve dans les pays voisins de la Syrie tels que la Turquie où se sont réfugiés 1.805 255 syriens, 249.726 sont en Irak, 1.172.753 au Liban, 132.375 en Égypte, 629.128 en Jordanie et 24.055 en Afrique du Nord. Les Syriens qui ont demandé l'asile en Europe ne sont pas pris en compte dans ces chiffres mais seraient 270.000. Même si un grand nombre de syriens partent pour l’étranger, la majorité d'entre eux restent en Syrie comme l'a souligné le HCR : "La dégradation des conditions pousse de plus en plus de réfugiés vers l'Europe et plus loin mais la grande majorité demeure dans la région".

5,5 milliards de dollars pour répondre aux besoins humanitaires

Les syriens qui quittent leur pays voient souvent leur possibilité de retour s'éloigner et vivent pour la grande majorité dans des conditions d’extrême pauvreté. Comme l'explique Willian Spindler, porte-parole du HCR, les migrants syriens sont confrontés à de nombreuses difficultés : "Le travail des enfants, la prostitution, la mendicité, le travail forcé mais pas seulement, il y a aussi des tensions avec les populations locales des pays d'accueil parce qu'il y a une concurrence très forte pour l'emploi, le logement, l'eau, l'accès à l'éducation. Ces populations locales sont pourtant déjà vulnérables, elles ont elles-mêmes des difficultés à avoir tous ces services".
Selon le HCR, il faudrait environ 5,5 milliards de dollars pour répondre à l'aide humanitaire, il invite d'ailleurs l'Europe à ouvrir ses portes à certains réfugiés même si la majorité reste au Moyen-Orient : "mais il faut signaler que la majorité des réfugiés restent au Moyen-Orient et c'est là que l'on voudrait les aider. Malheureusement, on n'a pas le soutien financier pour faire notre travail".

William Spindler a également expliqué pourquoi il est important de débloquer des fonds pour aider les migrants syriens : "On a eu un soutien important de la communauté internationale, mais les besoins sont encore plus importants. Jusqu'à maintenant, nous n'avons eu que 24% de cette somme. Le manque d'argent signifie que les réfugiés sont confrontés à de nouvelles coupes dans les services comme l'accès à l'éducation, la santé, l'aide alimentaire et la possibilité d'envoyer leurs enfants à l'école, par exemple. Il ne faut pas oublier que la majorité des réfugiés sont des enfants. Il faut penser à l'avenir de la Syrie aussi, à l'avenir de ces enfants qui naissent et grandissent dans les camps. Un jour, on l'espère, ce conflit aura une fin".

Crédits photos : © AFP BULENT KILIC

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