Laurent Fabius veut relancer le processus de paix au Proche-Orient

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Des militants des brigades Ezzedine al Qassam, la branche militaire du mouvement palestinien Hamas, observent un bulldozer israélien le long des barbelés qui séparent Israël de Gaza près de Rafah, dans le sud de la bande, le 3 juin 2015

Le ministre des Affaires Etrangères accomplira ce week-end un marathon diplomatique dans l'objectif d'une relance du processus de paix au Proche-Orient.

Egypte, Jordanie, Palestine et enfin Israël, Laurent Fabius s'apprête à passer un week-end chargé.

Le ministre des Affaires Etrangères devrait en effet rencontrer, en moins de deux jours, le président Sissi en Egypte, puis le roi Abdallah II en Jordanie, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et enfin, dimanche, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Echec des dernières discussions

Objectif pour Laurent Fabius, amorcer une reprise du processus de paix dans le conflit israélo-palestinien, au point mort depuis l'échec de la dernière tentative de négociation sous l'égide du secrétaire d'Etat américain John Kerry, en avril 2014.

Lors de cet échec, chacune des parties prenantes était restée campée sur ses positions, accusant l'autre d'être responsable du statut quo qui dure depuis maintenant plus de 20 ans.

Les violences se poursuivent au Proche-Orient

Depuis lors, le Proche-Orient a eu à faire face à la terrible guerre de Gaza l'été dernier (2204 morts, dont 2136 du côté palestinien). La colonisation israélienne, quant à elle, se poursuit en territoire palestinien, de même que les violences palestiniennes contre les Israéliens, qu'ils soient civils ou militaires.

"Ce processus de paix n'a plus de processus que le nom", confiait récemment une source diplomatique française, expliquant qu'une perspective d'une reprise des pourparlers parait aujourd'hui lointaine.

Autorités affaiblies et spectre de Daech

A l'heure actuelle, ni l'une ni l'autre des deux parties souhaitent d'ailleurs que ces négociations reprennent. Le nouveau gouvernement Netanyahou, élu suite à la dissolution de la Knesset par le premier Ministre, est aujourd'hui plus à droite que jamais. Côté palestinien, le gouvernement d'union avec le Hamas vient quant à lui de démissionner.

S'inquiétant de la montée des groupes salafistes concurrençant le Hamas dans la bande de Gaza, Laurent Fabius a néanmoins fait valoir l'urgence de la situation, à la veille de son voyage : "on ne peut plus isoler le conflit israélo-palestinien de son contexte international et régional. Daech pourrait aujourd'hui s'intéresser au conflit israélo-palestinien et ce serait un risque majeur d'explosion régionale", a ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères, qui espère convaincre les chefs d'Etat qu'il doit rencontrer du bien fondé d'une reprise des discussions.

Crédits photos : © AFP SAID KHATIB

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