L'Assemblée vote pour la possibilité de "funérailles républicaines" à la mairie

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Société
L'Assemblée Nationale

La proposition de loi permettant la tenue d'obsèques laïques, à l'image des baptêmes républicains, a été votée par l'Assemblée nationale.

Il faut encore que la proposition de loi soit adoptée par le Sénat. Mais après le mariage ou le baptême, les députés ont voté mercredi soir le principe d'un nouveau rite laïc, à savoir les funérailles.

Si la possibilité de "sauter" l'étape église est possible car inscrite dans la loi depuis 1887, le rapporteur socialistede cette proposition, Hervé Féron, indique que les options offertes aux proches sont "très limitées". De fait, les familles doivent "s’adresser aux services de pompes funèbres, qui relèvent aujourd’hui majoritairement d’entreprises privées", et sont "souvent contraintes d'accepter des obsèques religieuses".

Une salle mise à disposition

Dans cette version, le texte édicte : "Chaque commune, dès lors qu'elle dispose d'une salle municipale adaptable, met celle-ci à disposition des familles qui le demandent et garantit ainsi l'organisation de funérailles républicaines". Un officier d’état civil pourra également procéder à la cérémonie, si tel est le souhait des proches.

Pour la secrétaire d’Etat chargée des Collectivités Estelle Grelier, il est "légitime et souhaitable que la République puisse apporter son soutien dans les moments les plus difficiles, comme pour les plus joyeux (...) faire vivre la laïcité, ce n’est pas seulement la protéger, la préserver, c’est lui donner les moyens d’évoluer et de répondre aux mutations de la société".

Un coût pour les communes ?

Cette mesure répond à un besoin croissant, le nombre d'athées au sein de la population allant grandissant. Pendant le débat, le député LR Philippe Gosselin s'est inquiété du coût que constituerait l'organisation de ce rituel. Il évoque au moins une opération de nettoyage du lieu mis à disposition ou le "chauffage en hiver". Mais le rapporteur du texte insiste et affirme qu'il n'en coûtera rien.

Jacques Bompard, député d'extrême-droite, à pour sa part fustigé le fait que "la République envahissait le champ de la vie et de la mort". Le député Féron lui a rétorqué : "Il n'y a rien d'anticlérical dans ce texte".

Crédits photos : Charlotte Schousboe - FTV/phototélé

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