Langues régionales : Hollande veut une ratification de la charte européenne

Par , publié le
France Le président français François Hollande à l'Elysée le 2 juin 2015
Le président français François Hollande à l'Elysée le 2 juin 2015

Dans un courrier adressé à un député PS du Finistère, le président Français Hollande a communiqué sur sa volonté d'une ratification prochaine de la charte européenne des langues régionales.

Promise par François Hollande alors qu'il n'était encore que candidat à la présidentielle de 2012, la ratification de la charte européenne des langues régionales (signée en 1992) devrait prochainement avoir lieu. C'est du moins le souhait émis par l'exécutif dans une missive adressée au député PS du Finistère Jean-Jacques Urvoas.

Daté du 1er juin dernier et partiellement rapporté par nos confrères d'Ouest-France, le courrier affiche l'apparente intention de l'exécutif de tenir parole quant à sa promesse de campagne : "Je souhaite qu'un projet de loi constitutionnelle soit inscrit à l'ordre du jour du Parlement dans les meilleurs délais. Conformément à l'engagement que j'ai pris devant les Français pendant l'élection présidentielle, je souhaite que le Parlement permette la ratification de cette Charte. La révision de la Constitution est un préalable."

Hollande et les langues régionales : un projet de loi constitutionnelle pour une ratification

François Hollande a précisé avoir sollicité Christiane Taubira dans la constitution d'un projet de loi relatif à cette ratification : "La voie du Congrès me paraît la plus appropriée. C'est la raison pour laquelle j'ai demandé au Garde des Sceaux, ministre de la Justice, de préparer un projet de loi constitutionnelle."

Prudence et craintes dans la classe politique

Plusieurs politiques se montrent cependant prudents quant à cette annonce. Nil Caouissin, porte-parole de l'UDB (Union Démocratique Bretonne) indique ainsi attendre "les actes pour juger". le maire de Carhaix Christian Troadec estime quant à lui que cette ratification n'est pas "un objectif en soit" et qu'en cas de charte"ratifiée, nos langues peuvent disparaître". Enfin, le porte-parole du Parti Breton Émile Granville affiche également le visage du scepticisme : "C'est un serpent de mer qu'on ressort à chaque fois qu'il y a des élections importantes. De plus, la France n'a pas retenu tous les articles de cette charte. Il faudrait donc rouvrir le débat pour que les articles soient collectivement choisis."

Crédits photos : © AFP Alain Jocard

Partager cet article

Pour en savoir plus