La Tunisie prolonge l'état d'urgence de deux mois

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International Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 28 juin 2015 à Tunis
Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 28 juin 2015 à Tunis

Proclamé pour 30 jours le 4 juillet dernier, après les attentats de Sousse, l'état d'urgence en Tunisie vient d'être prolongé de deux mois par le président Béji Essebsi.

C'est en raison de la "guerre féroce menée contre le terrorisme" que le gouvernement a décidé de prolonger l'état d'urgence en Tunisie.

Des pouvoirs d'exception à la police et l'armée

L'état d'urgence tel que décrété par le gouvernement tunisien octroie des pouvoirs d'exception à la police et à l'armée. La police peut ainsi selon ses besoins restreindre la circulation des personnes, interdire les réunions ou les grèves qui seraient susceptibles de provoquer du désordre.

C'est par un communiqué que Béji Essebsi, le président tunisien, annonçait prolonger de deux mois supplémentaires l'état d'urgence : "après des consultations avec le chef du gouvernement et le président, l’état d’urgence sera prolongé sur tout le territoire de deux mois à partir du 3 août 2015".

Un état d'urgence qui inquiète mais les autorités se veulent rassurantes

Amna Guellali, la directrice du bureau Human Rights Watch à Tunis, craint des restrictions sur les libertés publiques : "quand on voit la loi antiterroriste, la loi sur la situation d’urgence qui permet d’étendre énormément les pouvoirs du ministère de l’Intérieur, on voit que les éléments sont en place. Mais est-ce que ça va vraiment mener à un retour en arrière ? Je ne peux pas me prononcer sur ça".

Habib Essid, chef du gouvernement tunisien se veut rassurant : "je veux rassurer tous les citoyens tunisiens. La transition démocratique qu’a vécue la Tunisie est une transition irréversible. La Tunisie est debout et elle tiendra debout. Et nous sommes tous appelés à être ensemble pendant cette guerre parce que c’est une guerre difficile, mais c’est une guerre qu’il faut gagner". Le président assure de son côté qu'il n'y a pas de "menaces précises" mais que l'état d'urgence permet au gouvernement de maintenir la vigilance et la sécurité.

Crédits photos : © AFP Fethi Belaid

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