IVG médicamenteuse : des effets secondaires trop souvent banalisés

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Santé La ministre de la Santé veut plus de prises en charge IVG l'été.
La ministre de la Santé veut plus de prises en charge IVG l'été.

Les effets secondaires, en particulier les douleurs, restent trop méconnus des femmes selon une étude de l’Iserm.

Parmi les formes d’interruption volontaire de grossesse, l’IVG médicamenteuse est de plus en plus utilisée. Sur les quelques 220 000 interruptions volontaires de grossesse ont été pratiquées en France, 57 % l’ont été par le biais de cette méthode.

Si de plus en plus de patientes ont donc recours à l’IVG médicamenteuse, les effets secondaires liés à cette pratique sont encore très peu évoqués. Un défaut d’information que déplore une étude publiée par le centre Clotilde-Vautier de Nantes en collaboration avec l'INSERM (Loire-Atlantique), et financée par la Fondation de l’Avenir.

Des douleurs très intenses

Les résultats de l’étude ont été révélés ce vendredi 18 novembre lors d’une conférence de presse. Effectuée auprès de 453 femmes, il en ressort que 8 sur 10 ont dû avoir recours à des antidouleurs à la suite d’une IVG médicamenteuse. 27 % des femmes affirment avoir ressenti des douleurs très fortes, d’une intensité de 8 sur une échelle de 10, au 3e jour qui suivait l’IVG, soit le jour où les contractions permettant l’expulsion de l’œuf se produisent.

Un tiers des femmes suivies a eu des saignements qui leur ont paru « inquiétants » ou « très inquiétants » et déplorent ne pas avoir été assez informés sur cette possibilité de saigner abondamment. Pourtant, 92 % des patientes se disent très satisfaites du niveau d’information et d’accompagnement qu’elles ont reçu.

Ne pas banaliser l’acte

Les responsables de l’étude ont relevé que les femmes n’étaient pas égales face à ces effets secondaires. Ainsi, 3 facteurs de risques sont ressortis. Le premier concerne les patientes dont c’est la première grossesse. Les femmes ayant des règles douloureuses sont également plus exposées. Le troisième paramètre concerne le dosage d’un antidouleur, la mifépristone, administré le premier jour de l’IVG.

Cette étude démontre bien que même si elle est « simple » d’apparence, l’IVG médicamenteuse est une pratique qu’il ne faut pas prendre à la légère. Plus que la douleur physique, c’est l’accompagnement psychologique individuel qui se doit d’être renforcé afin de répondre au mieux à chaque situation.

Crédits photos : RioPatuca/Shutterstock.com

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