Irak : une offensive majeure contre Mossoul est imminente

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International Des combattants peshmergas en position sur le Mont Zardak, près de Mossoul en Irak, le 4 juin 2016
Des combattants peshmergas en position sur le Mont Zardak, près de Mossoul en Irak, le 4 juin 2016

La ville de Mossoul était tombée aux mains de l’Etat Islamique qui en avait fait son fief en Irak. Le porte-avion Charles de Gaulle a été envoyé sur place et devrait participer à l’offensive majeure qui se prépare.

Les préparatifs pour la reconquête de la ville de Mossoul s’accélèrent. Après que les Etats-Unis aient décidé d’envoyer plus de 600 soldats supplémentaires, la France augmente, elle aussi, sa contribution. Mossoul, la seconde plus grande ville d’Irak et bastion de l’Etat Islamique dans ce pays, est désormais encerclée et les bombardements contre les installations du groupe terroriste ont commencé.

Une vaste offensive imminente et délicate

Il y a un mois, Qayyarah, qui était la dernière ville rempart du fief de l’Etat Islamique, était tombée aux mains de l’armée irakienne. Mossoul est donc désormais encerclée et les préparatifs d’une offensive terrestre majeure se poursuivent. La coalition internationale, à laquelle participe la France, a intensifié ses bombardements. 615 soldats américains supplémentaires sont attendus et les forces de sécurité irakienne, les combattants kurdes ainsi que les différentes milices locales ont reçu de nouvelles armes. La France, de son côté, a envoyé le porte-avion Charles de Gaulle, réalise des opérations menées par des avions Rafale, a envoyé près de 500 soldats qui conseillent les troupes sur place et a déployé du matériel d’artillerie.

Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la défense, explique : « Ce n'est pas le début de la bataille de Mossoul, c'est la suite des opérations de soutien que nous apportons dans le cadre de la coalition, comme nous avons aussi renforcé nos capacités en artillerie dans la zone sud de Mossoul. Il va y avoir bientôt l'action majeure qui va être déclenchée, mais ce n'est pas aujourd'hui ». Barack Obama, de son côté, estime aussi que l’offensive devrait être lancée « assez rapidement ». Différents conseillers souhaitent que la bataille soit lancée avant la fin du mandat du président.

Une attaque qui risque d’être longue et meurtrière

L’assaut sur le bastion du groupe terroriste devrait durer plusieurs mois et s’annonce particulièrement difficile. Le Pentagone estime le nombre de djihadistes entre 3.000 et 4.500 sur place. Les terroristes utilisent la population pour se fondre dans la foule et ainsi éviter les bombardements. Les organisations humanitaires se préparent à un véritable défi. Selon un directeur d’un camp de réfugiés : « On estime que plus d'un million de personnes seront déplacées ».

La libération de la ville porterait un coup important au groupe terroriste en Irak mais il faudra aussi définir une véritable politique après la libération du fief djihadiste. C’est effectivement le départ des soldats américains qui avait permis la création de l’Etat Islamique en Irak après la longue guerre menée par les Etats-Unis sous des motifs mensongers. La France avait, à l’époque, refusé de s’engager dans cette guerre et avait opposé son véto à l’ONU, refusant de fait, de donner une légitimité à l’invasion américaine en Irak. Treize ans plus tard, la France se trouve parmi les plus gros contributeurs de la coalition pour libérer l’Irak de l’Etat Islamique.

Crédits photos : © AFP/Archives SAFIN HAMED

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