Institutrice accusée de maltraitances : 18 mois de prison avec sursis requis

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Société Photo d'illustration. La balance de la justice.
Photo d'illustration. La balance de la justice.

Mercredi, une institutrice de maternelle relaxée en première instance comparaissait devant la cour d'appel de Limoges, et ce pour sévices graves sur plusieurs de ses élèves. 18 mois de prison avec sursis ont notamment été requis à son encontre.

Le 15 janvier dernier, une institutrice accusée de maltraitances sur plusieurs de ses élèves était relaxée par le tribunal correctionnel de Limoges. Cette enseignante de maternelle était ainsi accusée de sévices graves sur vingt-quatre enfants âgés de 3 à 5 ans.

À l'issue du verdict, Me Reynal, avocat de la prévenue de 49 ans, avait déclaré que, sans "remettre en cause la parole d'enfants de trois ans", il estimait que sa "cliente [était] sans doute professionnellement exigeante, mais [...] certainement pas violente." Et d'avoir ajouté que l'institutrice était "par ailleurs académiquement très bien notée" et qu'elle officiait en tant qu'enseignante "depuis vingt ans."

Limoges : une institutrice de maternelle jugée en appel pour maltraitances

Une première décision de justice qui aura conduit à ce que l'institutrice comparaisse mercredi devant la cour d'appel de Limoges, comme le rapporte Libération. Soupçonnée de recourir à des méthodes d'éducation pour le moins brusques, l'accusée a été quelque peu malmenée par l'avocat général.

Après avoir déclaré assez tôt que "le ministère public n’a rien contre les punitions, en revanche il est intéressé à la façon dont elles sont administrées", Me Borg a tenté de faire reconnaître à l'enseignante les violences dont on l'accuse : "Puisque vous semblez aimer la sémantique, pas de problème, j’ai tout mon temps. Vous avez admis dans un moment d’emportement avoir eu un geste ample et vigoureux qui malheureusement s’est achevé sur la joue de certains enfants. C’est bien une gifle ça ?"

"Papa, j'ai peu qu'elle me fasse du mal"

Le père d'une élève de l'institutrice a pour sa part dit avoir "vu [sa] fille dépérir, passer d’une joie de vivre communicative à une apathie totale, les yeux blancs, couchée sur une couverture et refusant de s’alimenter. Un jour elle m’a dit : 'Papa, j’ai peur qu’elle me fasse du mal.' Et moi je lui ai répondu qu’elle devait faire un effort pour s’adapter".

La prévenue n'aura ici visiblement délivré aucune expression de regret ou de compassion. 18 mois de prison avec sursis ont été requis à son encontre par le parquet, de même qu'une interdiction définitive d'exercer une activité professionnelle au contact d'enfants. Le jugement en délibéré sera rendu le 27 mai prochain.

Crédits photos : Shutterstock.com

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