Indonésie : la femme de Serge Atlaoui décrit un homme vivant dans la peur

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Serge Atlaoui

Un an après la suspension de l'exécution de Serge Atlaoui, son épouse parle d'un homme ne cessant de redouter la mort et qu'elle envisage de rejoindre durant l'été.

En novembre 2005, l'artisan soudeur français Serge Atlaoui était interpellé en Indonésie en compagnie de seize autres personnes. Il sera condamné à mort en 2007, accusé de trafic de drogue. Dans la nuit du 28 au 29 avril 2015, il n'était toutefois pas de la liste des détenus appelés à être imminemment exécutés.

En juin dernier, la Cour administrative indonésienne rejetait le recours administratif déposé par les avocats du Français. Lequel vit donc toujours sans être possiblement certain du sort qui l'attend. Un an après l'exécution des huit co-détenus de Serge Atlaoui, son épouse Sabine évoque un anniversaire qui ne pourra la laisser indifférente : "je vais ressentir les larmes que j’ai vues autour de moi sur le visage des autres familles, je vais revivre leur douleur. L’atmosphère de ces heures-là était tellement tactile que je ne vais jamais pouvoir m’en défaire".

Serge Atlaoui : un anniversaire qui sera "dur pour lui"

Auprès de nos confrères du Républicain Lorrain,  Mme Atlaoui a ajouté que ce moment va également être difficile à vivre pour son mari : "Sa peur est là, constante. Je sais que le jour J [NDLR : anniversaire] ça va être dur pour lui. Il y a vécu les adieux avec les autres condamnés à l’époque. J’ai ressenti moi-même ce vide une première fois car Kiem Ho et Marco Cardoso ont été exécutés en janvier 2015."

"Il peut lui arriver n’importe quoi n’importe quand"

Si, en juillet 2015, Sabine Atlaoui avait déclaré ne plus être dans l'urgence, elle confirme aujourd'hui que cette dernière peut arriver à tout moment : "L’urgence, ce sera une liste d’exécution officielle. La pression pour les exécutions est constante en Indonésie. Depuis sa condamnation à mort en 2007, il peut lui arriver n’importe quoi n’importe quand. L’urgence, vous la comprendrez, quand je sauterai dans le premier avion pour l’Indonésie".

Le retour de Mme Atlaoui en Indonésie devrait d'ailleurs pouvoir s'opérer d'ici quelques mois : "Oui, je l’envisage. Pas dans l’urgence, soyons clairs. Il faut que je réunisse l’argent nécessaire et je dois y aller avec mon fils de quatre ans. Ça ne s’improvise pas. Ce sera peut-être en juillet".

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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