Inde : deux sœurs condamnées à être violées

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International Manifestation de paysans contre les lois d'acquisition foncière, le 15 avril 2015 dans le village de Kanjhawala
Manifestation de paysans contre les lois d'acquisition foncière, le 15 avril 2015 dans le village de Kanjhawala

Après qu'un conseil de village indien rural ait condamné deux sœurs au viol, Amnesty International a lancé une pétition en ligne dans le but d'une intervention des autorités locales contre cette peine.

Sans être directement responsables d'un crime supposé, deux sœurs âgées de 15 et 23 ans ont été récemment condamnées au viol par un conseil de village rural. Une peine prononcée en Inde le 30 juillet dernier et qui nous est rapportée par Amnesty International UK.

L'ONGI précise que cette décision a été émise par un conseil non élu et uniquement constitué d'hommes. Une condamnation prononcée en guise de punition, après que le frère de ces jeunes filles se soit enfui avec une femme mariée. À souligner que cette dernière appartient à la caste supérieure des Jat, soit la même que celle à laquelle sont rattachés les membres du conseil.

Sœurs condamnées au viol en Inde : la famille avait quitté le village en mai

Amnesty International UK ajoute que la condamnation concerne non seulement un viol, mais implique également que ces deux sœurs "paradent nues, le visage peint en noir". On nous informe de même que ces jeunes filles et leur famille avaient quitté le village en mai dernier, craignant des représailles suite aux actions du frère. Peu de temps après, leur domicile avait été saccagé, et cette famille redoute désormais qu'on attente à leurs vies dans le cas d'un retour au village forcé.

Amnesty International UK lance une pétition

Face à cette situation, Amnesty International UK a décidé de lancer une pétition en ligne avec pour but une réaction notable des autorités locales contre cette peine : "Rien ne saurait justifier cette peine odieuse. Ça n'est pas juste. Ils n'en ont pas le droit. Et cela va à l'encontre de la loi. Demandez à ce que les autorités locales interviennent immédiatement." La plus âgée des condamnées a déposé une demande de protection auprès de la Cour suprême, quand son père a sollicité deux organismes nationaux pour une plainte de harcèlement. Un harcèlement mené non seulement par la famille de la femme ayant fui avec le garçon, mais également par la police. Amnesty International, qui informait sur un chiffre de 44.300 signatures enregistrées 24 heures après la mise en ligne de la pétition (près de 80.000 actuellement), reste cependant prudente : "L'indignation internationale suffira-t-elle à éviter l'application de ce jugement ?"

Crédits photos : © AFP Chandan Khanna

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