Incitations pour les jeunes médecins : des mesures allant "dans le bon sens"

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Santé
Un médecin examinant une radio (photo d'illustration)

Les jeunes médecins ayant choisi de s'engager dans une carrière hospitalière vont bientôt pouvoir bénéficier d'incitations de 30.000 euros maximum. Pour le président du syndicat des anesthésistes-réanimateurs, ces mesures "vont dans le bon sens".

Mardi, la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé des mesures d'incitation vis-à-vis des jeunes médecins afin de rendre le milieu hospitalier plus attractif en tant que choix de carrière. D'ici fin 2016, ceux qui désireront épouser une telle voie professionnelle pourront ainsi avoir droit à une prime d'engagement.

En fonction de la spécialité ou des territoires concernés, cette prime pourra aller de 10.000 à 30.000 euros. Une mesure impliquant donc un passage obligé au concours de praticien hospitalier ainsi qu'un maintien au poste décroché trois ans durant. Ces jeunes médecins bénéficieront de même d'une couverture semblable à celle des praticiens hospitaliers.

Hôpital : des mesures de Touraine pour les jeunes praticiens

À la tête du syndicat des anesthésistes-réanimateurs (SNPHAR), le docteur Yves Rebufat a témoigné d'un sentiment contrasté auprès de nos confrères de Pourquoi Docteur ? suite aux annonces faites par Mme Touraine.

Dans un premier temps, il estime ainsi que "les mesures annoncées [...] vont dans le bons sens, notamment celles à destination des jeunes praticiens. Le niveau de rémunération et des primes sont des mesures intéressantes pour les attirer et les inciter à rester à l’hôpital public. Du côté des intérimaires, Marisol Touraine a également fait des annonces intéressantes puisqu’elle s’engage à plafonner les rémunérations des prestations de l’intérim médicale, comme la loi le prévoit, mais aucun montant n’a été précisé."

Pas d'accord sur le temps de travail

Avant d'indiquer sa déception sur un autre point dont la réponse est apparue bien trop faible à son sens : "Néanmoins mon sentiment est mitigé. La grève de la semaine dernière portait sur 3 points, dont principalement la reconnaissance du temps de travail. Aujourd’hui, on nous propose seulement un protocole de méthode pour en parler, donc c’est un peu léger par rapport à ce qu’on pouvait attendre."

Le docteur Rebufat confirme ensuite qu'"effectivement, pour le moment il n’y a pas eu d’accord [relatif à la réforme du temps de travail]. Mais le ministère a bien conscience que la directive européenne qui limite le temps de travail hebdomadaire à 48 heures doit s’appliquer à tous, et notamment à tous les praticiens hospitaliers. [...] nous avons certaines spécificités dans notre exercice qui font que nous en sommes en droit de réclamer ce droit. Le Conseil d’État l’a reconnu ainsi que la Commission européenne. Donc j’espère que cela découchera rapidement sur quelque chose, car ces nouvelles mesures ne suffiront pas à freiner nos troupes si les discussions durent trop longtemps."

Crédits photos : Tyler Olson/shutterstock

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