Hôpital Pompidou : plainte contre la direction après un suicide

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France L'hôpital européen Georges Pompidou de Paris.
L'hôpital européen Georges Pompidou de Paris.

Un véritable malaise a saisi l'hôpital Pompidou après le suicide d'un cardiologue. Une enquête a été ouverte pour harcèlement moral et une plainte a été déposée.

L'hôpital Pompidou, dernier né des hôpitaux de Paris, est au cœur d'une polémique après qu'un médecin se soit défénestré. L'affaire, qui aurait pu rester au rang des faits divers, prend de l'ampleur et le parquet de Paris a ouvert une enquête pour harcèlement moral. Beaucoup n'hésitent pas à pointer du doigt la direction du centre hospitalier.

Un suicide qui bouleverse l'hôpital

Le 17 décembre, le professeur Megnien, cardiologue au centre hospitalier, s'est défénestré depuis le septième étage de l'illustre établissement. Il revenait d'un long congé de maladie. En émoi et choqués, ses collègues ont commencé à parler et à pointer du doigt la direction de l'hôpital. Selon de nombreux collègues, le médecin était victime d'harcèlement moral de la part de la direction mais aussi de certains autres médecins.

La veuve du cardiologue ayant porté plainte, c'est la justice qui devra désormais décider si le harcèlement moral dont a été victime le médecin est à l'origine de son suicide. La directrice de l'hôpital avait pourtant été prévenue de l'état de détresse du cardiologue par un de ses confères qui l'avait interpellée par courrier électronique il y a un peu plus d'un an.

Un hôpital prestigieux mais des conflits claniques

Selon le professeur Granger, psychiatre et membre de la Commission Médicale d'Etablissement de l'hôpital Pompidou : "Je ne méconnais pas la complexité d’un acte suicidaire sur le lieu de travail, le mélange fréquent de causes personnelles et de motifs professionnels, le degré plus ou moins élevé de fragilité de tout homme. Cependant, cela ne peut pas être un prétexte pour occulter la façon dont ce collègue a été objectivement maltraité, non seulement par certains de ses pairs, mais aussi par l’administration".

Le psychiatre dénonce par ailleurs, les luttes claniques qui empoisonnent le centre hospitalier et qui selon lui sont : "le terreau sur lequel se développe une maltraitance institutionnelle". De nombreux personnels de l'hôpital parlent de luttes claniques au sein de la direction et entre médecins. Une guerre des chefs à l'égo souvent démesuré.

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