Hémorragie cérébrale : de l'impossibilité d'établir un pronostic de survie

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Santé Des radiographies d'un cerveau (image d'illustration).
Des radiographies d'un cerveau (image d'illustration).

Comment établir un pronostic vital à l'issue d'une hémorragie cérébrale ? Une étude vient démontrer que le flou qui l'entoure est immense.

Une étude récente menée aux Etats-Unis révèle la quasi-impossibilité d'établir un pronostic de survie pour un individu ayant subi une hémorragie cérébrale. Il a été demandé à 742 neurologues et neurochirurgiens de se prononcer sur les cas cliniques de 4 patients, envoyés de façon aléatoire. Les cas concernaient des patients âgés de de 56 à 83 ans, et la gravité de l'accident était variable.

Hémorragie cérébrale : des pronostics très hétérogènes

"J’ai été surpris de voir le niveau de variabilité parmi les médecins", a déclaré le Dr Darin Zahuranec, lui-même neurologue à l'Université du Michigan, et qui a piloté cette étude. En effet, indique-t-il, "les prédictions de mortalité s'échelonnent de 0% à 100% dans la plupart des cas".

Dans le détail, les individus dont le niveau de conscience (établi par l'échelle de Glasgow) était le plus faible étaient diagnostiqués de façon négative mais pouvaient varier de 0% de taux de survie à 30 jours, à 50% pour un cas, de 0% à 80% pour l'autre. Concernant les patients présentant un niveau de conscience moyen, les taux varient tout simplement de 0% à 100%.

De nombreuses variables à prendre en compte

Certes, les auteurs de l'étude parue dans Neurology pointent que son cadre "pourrait ne pas refléter les complexités de la pratique médicale", mais aussi que les praticiens "peuvent être en mesure de faire un meilleur pronostic (…) lorsqu’ils peuvent interagir avec le patient et sa famille".

Cependant, de telles disparités dans l'établissement des diagnostics pourraient être expliquées également par les très nombreuses variables qui président au pronostic vital d'un patient. Yves Agid, neurologue à la Pitié-Salpêtrière, confie d'ailleurs à nos confrères du Figaro : "Vous pouvez mourir sur le coup, n'avoir qu'un petit éclat ou des dégâts épouvantables", comparant l'hémorragie cérébrale aux blessures causées par une grenade.

Crédits photos : Shutterstock.com

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