Handicapés français : leur exil en Belgique dénoncé dans un livre noir

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Société Photo d'illustration. Le handicap.
Photo d'illustration. Le handicap.

Mardi, l'association Unapei remettra aux députés un livre noir dénonçant notamment l'exil des handicapés français en Belgique faute de place dans leur pays.

D'après les informations communiquées par les autorités françaises, 1.500 enfants et 5.000 adultes handicapés se tournent vers des établissements belges en raison d'une impossibilité pour la France de les accueillir. Du côté de la Wallonie, on parle de 8.000 handicapés français, un chiffre qui serait d'ailleurs amené à encore progresser.

Ce recours a un prix, celui de la difficulté pour les proches de ces personnes de venir leur rendre visite aussi fréquemment qu'elles le voudraient. Une situation que l'association Unapei (première fédération d’associations française de représentation et de défense des intérêts des personnes handicapées mentales et de leurs familles) tend à vouloir faire évoluer par la remise, mardi auprès des députés de l'Hexagone, d'un livre noir.

Exil en Belgique des handicapés français : un livre noir bientôt remis aux députés

Christel Prado, présidente de l'Unapei dont les propos nous sont rapportés par Le Figaro, déplore que "nos concitoyens en situation de handicap, et notamment les plus sévèrement atteints, [soient] bannis de notre République", en ajoutant qu'"aujourd'hui cela prend des proportions inacceptables". Ce livre noir devrait ainsi entrer en possession d'élus censés examiner le budget de la Sécurité sociale pour l'année prochaine.

Une problématique vieille de plusieurs décennies

Des places qui viennent à manquer dans les centres d'hébergement, une problématique qui était déjà présente en 1977, quand le médecin Michel Cabal la dénonçait dans son mémoire de fin d'études. Les conditions d'accueil des handicapés français dans les établissements belges avaient également suscité la préoccupation de l'Igas (Inspection des affaires sociales) en 1995 puis 2005 : "Le constat d'ensemble est plutôt préoccupant. Le contrôle de la qualité du service rendu est surtout fondé sur des impressions, la bonne volonté des acteurs et de simples déclarations." Et une enquête parue dans les colonnes de Libération en avril 2014 d'avoir présenté un établissement belge relativement peu accueillant à l'égard des handicapés français, avec des chambres quasiment pas chauffées et des lits médicalisés non branchés.

Crédits photos : Shutterstock.com

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