Haine sur Internet : les grands noms du web s'engagent

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Web Un homme tape au clavier.
Un homme tape au clavier.

Facebook, YouTube, Microsoft, Twitter,... ils se sont engagés devant la Commission européenne à mieux contrôler la diffusion de contenus haineux. Mais les associations ne s'en satisfont pas.

Mardi, la Commission européenne a dans un communiqué annoncé le "code de conduite" adopté par les grands noms du web que sont Microsoft, Facebook, Twitter et YouTube. Il s'agit ici d'"une série d’engagements pour combattre la propagation du discours de haine illégal en Europe".

Pour autant, certaines associations comme SOS Racisme, SOS Homophobie ou encore l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) ne semblent pas s'en satisfaire.

Le "code de conduite" des géants du web contre la haine

Que prévoit ce document en 12 points ? Par exemple, les 4 grands noms s'engagent, en moins de 24 heures, à appliquer leur devoir de modération des contenus (analyser "la majorité des signalements valides" et au besoin, "supprimer ou rendre inaccessibles" lesdits contenus). Mais ils souhaitent également que les organismes représentant la société civile deviennent des trusted reporters (ou "reporters de confiance") quant aux signalements haineux "de haute qualité".

Ces organisations, qui pourraient former un réseau européen, auraient aussi pour mission d'aider Facebook et les autres à promouvoir un "contre-discours".

UEJF : le code est "une bonne chose" mais...

Sacha Reingewirtz, président de l'UEJF, affirme bien volontiers que de telles annonces sont "une bonne chance". Il poursuit, en apportant quelques inflexions : "Cela donne une perspective globale et permet de se pencher sur le sujet à l'échelon européen. Ma question reste cependant celle de l'efficacité d'un tel code de conduite, qui part du principe que les signalements seront plus rapides. Or, on a constaté jusqu'à présent que les signalements ne fonctionnent pas. Près de 90% d'entre eux, notamment sur Twitter et YouTube, ne conduisent pas à un retrait des contenus. La déclaration est totalement muette sur cette question".

Et Dominique Sopo pour SOS Racisme ne dit pas autre chose : "Aucune indication n'est donnée concernant la simplification ou la mise en valeur de la procédure de signalement. Par exemple, sur YouTube, un utilisateur qui voudrait signaler un contenu ne peut le faire que connecté. Nous ne savons pas si cela sera amené à évoluer, ou non".

Le 14 mai dernier, SOS Racisme, SOS Homophobie et l'UEJF ont mis leurs doutes en lumière par un référé en direction de Twitter, YouTube et Facebook. Après analyse de 586 contenus de haine, 7% se révélaient avoir été supprimés par YouTube, et 34% par Facebook. Twitter quant à lui, n'avait supprimé que 4% de ces contenus.

Crédits photos : Shutterstock.com

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