Hadopi dresse le bilan d'une année agitée

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Encore une fois, Hadopi a connu une année agitée en interne. Mais la Haute Autorité est également attaquée pour son manque d’efficacité et ses résultats financiers déficitaires.

Hadopi serait-elle en sursis ? La Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, créée en 2009 pur lutter contre le téléchargement illégal, vient de dévoiler son bilan annuel d’une année 2015 qui restera agitée jusqu’au bout.

La présidente actuelle de l’autorité, Marie-Françoise Marais, va quitter son poste à la fin de l’année et dresse un constat plutôt amer de ses 5 ans à la tête d’Hadopi.

De l’utilité de l’autorité

Marie-Françoise Marais n’a en effet pas mâché ses mots dans l’introduction de son 5e rapport qui est, selon elle, « Le premier à ne pas tomber au milieu d’un champ de bataille. Le premier à ne pas allumer ou éteindre une polémique. Le premier lors duquel l’institution n’a pas besoin de se défendre dans un trop long procès en légitimité, pas besoin de lutter pour la survie de ses missions, pas besoin d’expliquer qu’elle n’est ni le soldat des ayants droit ni le fils caché de la Quadrature du Net. »

Et pourtant, l’exercice 2014/2015 a une nouvelle fois fait couler beaucoup d’encre et son utilité est de plus en plus contestée en hautes sphères.

Hadopi pas rentable

Depuis sa création Hadopi a en effet envoyé 4 897 883 premières recommandations (le 1er avertissement pour téléchargement illégal) pour 482 667 secondes recommandations et seulement 361 signalements au procureur de la République.

Des résultats jugés trop faibles par rapport au budget alloué à l’autorité qui a du faire face à quatre auditions budgétaires par les rapporteurs de l’Assemblée nationale et du Sénat en 2014. Pourtant, les députés ont accordé une hausse du budget pour le prochain exercice avec une enveloppe de 8,5 millions d’euros contre 6 millions pour 2014/2015. Hadopi doit également se débattre avec de vives tensions en interne. Éric Walter, son secrétaire général, avait en effet été viré avant d’être réintégré suite à une décision de justice, son nom a été totalement occulté du dernier rapport d'activité. Plus que jamais, l’exercice 2015/2016 sera décisif pour Hadopi qui devra prouver son utilité sous peine de dispararaître assez rapidement.

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