Grèce : Ban Ki-Moon exige l'arrêt de la détention des migrants

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International Des migrants dans le camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos, le 2 juin 2016
Des migrants dans le camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos, le 2 juin 2016

Lors de sa visite en Grèce, le secrétaire général de l'ONU a demandé hier à l'Europe de cesser immédiatement la détention des migrants avant leur renvoi vers la Turquie.

Ban Ki-Moon a profité de sa visite de Lesbos en Grèce pour inspecter les deux camps présents sur l'île. Environ 3400 migrants y sont retenus en détention avant, comme le prévoit le très contesté accord UE-Turquie, leur renvoi probable vers la Turquie.

Le secrétaire général de l'ONU critique la gestion migratoire de l'UE

Ban Ki-Moon a hier fustigé la gestion de la crise migratoire par l'Europe. Il a ainsi déclaré après avoir visité les deux camps de l'île Lesbos que la "détention" des migrants arrivés en Grèce "devrait cesser immédiatement". Il a mis l'Europe devant ses responsabilités en lui demandant de "répondre de manière humaine et inspirée par les droits de l'homme" à cette vague migratoire, ajoutant que "la détention n'est pas une solution".

Conscient des "difficultés" liées à la gestion de cette crise migratoire, le secrétaire général de l'ONU a cependant estimé que le monde se devait de "relever les défis" de cette vague de migration, estimant que nous en avons "les moyens, la capacité et le devoir". Il a par ailleurs ajouté que "la communauté internationale doit faire davantage pour résoudre les conflits et régler les problèmes qui causent tant de souffrances".

Près de 50.000 migrants sont coincés en Grèce

Il est vrai que la situation des migrants en Grèce est particulièrement difficile. Selon un décompte officiel, plus de 48.000 migrants arrivés avant le 20 mars, date du début de l'accord UE-Turquie, sont coincés dans le pays après que les frontières des pays baltes aient été fermées. Près de 8500 migrants sont par ailleurs parqués sur les îles situées face à la Turquie. Ils sont arrivés après la date de l'accord controversé.

L'accord signé entre l'Union Européenne et la Turquie est particulièrement critiqué et souvent jugé "honteux" par les associations de défense des droits de l'homme. Cet arrangement permet le renvoi vers la Turquie des migrants arrivés en Grèce après le 20 mars. La Turquie a accepté cet accord en échange d'une somme de six milliards d'euros et la promesse que pour chaque syrien renvoyé en Turquie, un autre serait réinstallé dans un pays membre de l'UE dans la limite toutefois de 72.000 personnes.

Crédits photos : © AFP STR

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