Gironde : il refuse de vendre des contraceptifs, un pharmacien suspendu

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Société Photo d'illustration. Une enseigne de pharmacie.
Photo d'illustration. Une enseigne de pharmacie.

Un pharmacien girondin a été provisoirement suspendu au motif d'avoir refusé de vendre des contraceptifs par conviction religieuse. Ce n'est d'ailleurs par la première fois que cet homme de 38 ans agit de la sorte.

Le Planning Familial de Gironde a communiqué cette décision mardi : un pharmacien travaillant dans la commune de Salleboeuf a ainsi été invité à se soumettre à une interdiction provisoire d'exercer son activité. Et ce pour avoir refusé de vendre des contraceptifs par conviction religieuse.

Citée par nos confrères de Paris Match, l'administratrice du Planning familial de la Gironde Annie Carrareto s'est scandalisée de l'attitude du professionnel de santé : "C'est gravissime, on ne peut pas laisser les choses en l'état et la loi doit s'appliquer partout". Et de confirmer que le conseil de discipline de l'Ordre des pharmaciens a bien suspendu Bruno P., 38 ans, pour une durée d'une semaine.

Refus de vendre des contraceptifs : l'attitude du pharmacien "gravissime"

Mme Carrareto retrace le déroulement des faits : "Nous avons été contactés en janvier par deux clientes de l'officine [de ce pharmacien] à qui on avait refusé la distribution de contraceptifs prescrits par des médecins. Envoyées sur place le 12 janvier, deux de nos militantes ont essuyé le même refus après avoir demandé un stérilet et une pilule du lendemain prescrits par un médecin du Planning familial".

L'administratrice indique que l'Ordre national des pharmaciens a alors été alerté de ces multiples refus, un ordre qui venait par ailleurs "de suspendre pour une semaine à partir du 2 mai 2016, le même pharmacien après une plainte similaire".

Condamné en premier instance en 1995

On nous rapporte de même qu'en novembre 1995, ce pharmacien avait été condamné en première instance pour refus de distribution de contraceptifs. Son dernier recours, la justice européenne, aura statué que Bruno P. "ne pouvait faire prévaloir ses convictions religieuses pour justifier ce refus de vente". Les élus, la préfecture de Gironde ainsi que l'Agence régionale de santé (ARS) ont été prévenus de la situation, avec une rencontre entre l'ARS et les représentants du Planning qui devrait intervenir vendredi. Le pharmacien incriminé a quant à lui confirmé sa suspension sans plus de précisions.

Crédits photos : mikecphoto / Shutterstock.com

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