En froid avec la Russie, Hollande hésite à rencontrer Poutine et menace

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France
Le président russe Vladimir Poutine (G) et le président français François Hollande à l'Elysée à Paris le 2 octobre 2015

Après le véto russe contre la résolution franco-espagnole au conseil de sécurité de l’ONU au sujet de la paix en Syrie, François Hollande pense annuler sa rencontre avec Vladimir Poutine prévue le 19 octobre.

Particulièrement frustré du refus catégorique opposé par la Russie à la résolution de paix en Syrie proposée par la France, François Hollande réfléchit à l’opportunité de rencontrer Vladimir Poutine le 19 octobre à Paris. Se voulant très ferme au sujet de la Syrie, le président français a même menacé la Russie et la Syrie de les envoyer devant la Cour pénale internationale.

François Hollande envisage de boycotter la venue de Vladimir Poutine

Interrogé durant un déplacement à Tulle (Corrèze), le président français a estimé que la Russie et la Syrie commettaient des crimes de guerre en bombardant Alep, la seconde plus grosse ville de Syrie, dont une partie est aux mains des djihadistes qui utilisent la population civile comme bouclier humain.

Interrogé sur la rencontre prévue avec le chef de l’Etat russe, François Hollande a estimé : « Je me suis posé la question. Est-ce que c'est utile ? Est-ce que c'est nécessaire ? Est-ce que ça peut être une pression ? Est-ce que nous pouvons encore faire en sorte qu'il puisse lui aussi arrêter ce qu'il commet avec le régime syrien, c'est-à-dire l'appui aux forces aériennes du régime, qui envoient des bombes sur la population d'Alep. Donc j'aurai à recevoir, je me pose encore la question, Vladimir Poutine».

Le président de la République française n’a pas hésité à menacer directement la Russie : « Si je le reçois, je lui dirai que c'est inacceptable. Que c'est grave même pour l'image de la Russie ». Répondant à la question de ce qu’il dirait à la population d’Alep, François Hollande a expliqué : « Ce que je leur dis, c'est que ces populations sont des populations qui aujourd'hui sont victimes de crimes de guerre. Et que ceux qui commettent ces actes auront à en payer la responsabilité, y compris devant la Cour pénale internationale ».

Des menaces et une tension qui n’augurent rien de bon

La position de François Hollande concernant le conflit en Syrie, totalement calquée sur celle de Washington et visant avant tout à renverser le gouvernement de Bachar al-Assad afin de placer un gouvernement favorable aux intérêts économiques occidentaux, rencontre de plus en plus de difficultés sur le terrain. Les djihadistes reculent et la Syrie, aidée de la Russie et de l’Iran devraient, à terme, renverser les terroristes et la petite frange de rebelles qualifiés par les occidentaux de « modérés » mais dans les faits généralement alliés soit à l’Etat Islamique soit au front al-Nosra (Anciennement al Quaïda).

Une situation inacceptable pour les Etats-Unis et la France qui ont armé, financé et formé des rebelles qui ont rejoint les rangs des groupes terroristes et qui perdent du terrain et de l’influence en Syrie. Les Etats-Unis et la France jouent leur vatout avec des menaces qui ne devraient certainement pas inquiéter l’ours russe.

Si effectivement, les occidentaux menaient les russes à la Cour pénale internationale, il y a fort à parier que ceux-ci devraient répondre aux mêmes faits pour les guerres en Irak et en Libye mais aussi les frappes de drones tuant de nombreux civils. Sans oublier l’envoi d’armes par la France en dépit de l’interdiction européenne ou encore les « bavures » de l’armée américaine qui a, à plusieurs reprises, bombardé les forces syriennes ou encore les forces irakiennes.

Quoi qu’il en soit, un nouveau refroidissement des relations avec la Russie, des menaces et une relance des programmes nucléaires n’augurent rien de bon et la probabilité d’un fait déclenchant une nouvelle guerre mondiale ne cesse de monter au point de devenir une probabilité qui est loin d’être négligeable.

Crédits photos : © EPA/AFP/Archives ETIENNE LAURENT

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