France : 53% des ados des bidonvilles et des squats ne vont pas à l’école

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Société
Un campement de Roms installé boulevard Ney le 31 janvier 2016 à Paris

Selon une étude du CDERE, en France, plus de la moitié des enfants de 12 à 18 ans vivant dans des bidonvilles ou des squats ne sont pas scolarisés.

Le constat est alarmant. Selon une enquête du Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation (CDERE), plus de la moitié des enfants et adolescents qui vivent dans des bidonvilles ou des squats situés sur le territoire français sont hors du système éducatif.

Cette étude paraît alors que plusieurs maires de France ont refusé la scolarisation d’enfants roms dans des écoles publiques.

53% d’enfants roms non scolarisés

Selon les chiffres de l’étude du CDERE, sur les 161 jeunes âgés de 12 à 18 ans se reconnaissants comme roms ou désignés comme tels interrogés, 85, soit 53% ne vont pas à l’école. Le pourcentage atteint les 67% lorsque les enfants scolarisés, mais « non assidus » sont intégrés au résultat. Chez les 16-18 ans, le taux de déscolarisation grimpe à 96%, notamment car les plus âgés sont souvent en couple (parfois avec enfants) et désir rapidement entrer dans la vie active.

À titre de comparaison sur la même tranche d’âge en France, seulement 7 % des enfants ne sont pas scolarisés.

Les filles plus touchées

Dans le détail, les filles sont les plus touchées, car 56% d’entre elles étant déscolarisées contre 50% pour les garçons.

Pour expliquer ce phénomène, le CDERE a dégagé plusieurs hypothèses. La première serait liée aux « expulsions à répétition » et un « manque de soutien aux initiatives locales des élus et des associations ». L’organisme déplore également un manque de considération de ces populations, « qui n’existent pas aux yeux des pouvoirs publics ». Le CDERE précise que 9000 enfants et adolescents habitaient dans des bidonvilles en France en 2015.

Pour endiguer la déscolarisation, le CDERE désire obliger les maires à dresser la liste des enfants soumis à l’obligation scolaire sur leur commune. Il demande également une simplification des procédures administratives et des moyens matériels (eau, électricité), car « les conditions de vie en bidonville et squats ne permettent pas à un enfant d’avoir une scolarité effective et convenable ».

Crédits photos : © AFP/Archives ALAIN JOCARD

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