Des pièces métalliques avec de faux certificats, en circulation dans le nucléaire français

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Énergie Illustration. Une centrale nucléaire.
Illustration. Une centrale nucléaire.

L'Autorité de sûreté nucléaire est inquiète : une PME française a mis en circulation des pièces métalliques destinées à la filière nucléaire, mais dotées de certificats falsifiés.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) travaille actuellement en étroite collaboration avec le parquet de Saint-Etienne (Loire) dans une enquête en cours. Celle-ci concerne une entreprise de mécanique française ayant fourni à ses clients de la filière nucléaire, dont Areva, des pièces métalliques présentant des malfaçons.

Nucléaire : les pièces sont accompagnées de faux certificats

Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN, a déclaré à l'AFP : "Nous avons souhaité, dans le cadre de la transparence et de l'information du public, communiquer sur cette affaire sans contrevenir au bon déroulement de l'enquête".

L'organisme, qui assure, au nom de l'État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, a ainsi demandé aux acteurs de la filière de procéder à la vérification de ces pièces "et d'en évaluer l'impact". Elles proviennent de la société SBS, située à Boën-sur-Lignon (Loire), qui a aussitôt réagi.

Un salarié licencié

C'est en novembre dernier que la supercherie est découverte. Areva, l'un des clients de la PME, "a eu un doute en regardant les certificats et qui a pris contact avec nous", explique Cathy Pianon, à la direction de la communication de Bureau Veritas, qui analysait la conformité des pièces.

A l'AFP, l'entreprise SBS a indiqué qu'un salarié du service qualité avait falsifié "à la marge" des certificats que les laboratoires d'analyse avait délivrés. SBS précise en outre qu'"ils'agit d'une dérive inadmissible et le salarié a aussitôt été mis à pied puis licencié". C'est ainsi une soixantaine de rapports qui a été mise au jour.

"Selon les premières analyses, la non-conformité de certaines pièces ne semble pas de nature à obérer le fonctionnement des installations dans lesquelles les pièces sont intégrées", a tenu à faire savoir l'entreprise SBS. De son côté, l'ASN assure que "Ce dossier reste heureusement exceptionnel. Depuis l’affaire coréenne, la falsification des certificats est néanmoins un sujet sur lequel toutes les autorités de sûreté se penchent, pour mieux déceler ces fraudes". En 2012, la Corée du Sud avait connu un tel scandale, mais à l'échelle de plusieurs milliers de pièces. 

Crédits photos : Shutterstock.com

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