Fessenheim : l'Etat propose 100 millions d'euros de compensation à EDF pour sa fermeture

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Économie La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin)
La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin)

"Sidérant". C'est ainsi que l'un des responsables d'EDF juge l'offre faite par l'Etat pour une fermeture anticipée de la centrale de Fessenheim, entre 80 et 100 millions d'euros selon Le Monde.

C'est Le Monde, via sa version web, qui a révélé vendredi ce que les responsables d'EDF jugent comme "sidérant", "apocalyptique" ou encore "surréaliste" : selon le quotidien, l'Etat proposerait à EDF, au titre de compensation pour la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), une somme comprise entre 80 et 100 millions d'euros.

Fessenheim : la proposition d'indemnisation qui ne passe pas

Ce montant provient d'un courrier confidentiel adressé par Ségolène Royal au patron d'EDF, Jean-Bernard Levy. Différents scénarios sont évoqués par la ministre de l'Environnement et de l'Energie, aboutissant à une proposition d'indemnisation comprise entre 80 et 100 millions d'euros.

Pourquoi ce montant est-il jugé comme "apocalyptique" par l'un des responsables d'EDF ? Parce qu'elle est très loin des premières estimations faites par les députés Hervé Mariton (LR) etMarc Goua (PS) : à l'automne 2014, ils remettaient un rapport sur la question à l'Assemblée nationale, rapport qui mentionnait une somme... de 4 milliards d'euros, soit 40 fois plus que la fourchette haute estimée par Ségolène Royal. Ce à quoi la ministre avait réagi, ne cachant pas sa colère : "Je ne [céderai] pas face à la pressions des lobbies et à ces faux chiffres".

Des négociations dans l'impasse

Par la suite, des experts avaient annoncé un autre chiffre, compris cette fois entre 2,5 milliards et 3 milliards d'euros, ce qu'une source proche d'EDF juge comme un montant que pourrait accepter le groupe énergétique. Le Monde nous apprend encore que le PDG d'EDF serait sur le point de répondre à la lettre de la ministre. Mais une source proche du dossier rapporte que "le dialogue est totalement bloqué. Chacun attend de voir qui lâchera du lest le premier". 

Pour rappel, EDF est d'accord pour fermer Fessenheim, malgré que M. Lévy a déclaré lors d'une audition le 27 avril dernier au Sénat, que l'entreprise se verrait "privée d’un outil nucléaire qui fonctionne bien, et devait être utilisé encore pendant des années". Cette fermeture pourra avoir lieu lorsque l'équipement de nouvelle génération, l'EPR, sera en fonction à Flamanville, dans la Manche. Le bras de fer ne fait que commencer.

Crédits photos : Wikimedia Commons

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