"Fake news" : le sociologue Jean-Marie Charon appelle à plus de "fact checking"

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Le sociologue Jean-Marie Charon

Le sociologue Jean-Marie-Charon souhaite notamment que soient encourager les cellules de "fact checking" afin de faire reculer la prolifération de ce que l'on appelle les "fake news", ou "fausses informations".

Le terme a récemment été employé à plusieurs reprises et sur un très court laps de temps par le nouveau président des États-Unis. Si le concept de "fake news", ou "fausses informations", ne s'applique pas forcément dans les cas évoqués par Donald Trump, il n'en demeure pas moins une réalité de manière globale et spécifiquement sur Internet.

Nos confrères des Échos sont partis à la rencontre du sociologue Jean-Marie Charon pour mieux comprendre ce phénomène. Avec pour commencer la question du pourquoi : "D'abord à cause de l'essor des réseaux sociaux et des moteurs de recherche. Aujourd'hui, l'information circule de façon horizontale et tout est sur le même plan. L'accès à des intox se fait souvent via des recommandations de personnes de son cercle d'amis que l'on juge crédibles. [...] Ces fausses informations circulent d'autant mieux que les médias traditionnels sont plus vulnérables : non seulement ils souffrent d'une mauvaise santé économique, mais ils ont tendance à faire la course aux scoops. Or cette course a accéléré le traitement des informations, si bien que des médias ou des agences réputés peuvent eux-mêmes se faire prendre au piège."

Charon : la nécessité d'identifier les "fake news"

Ces "fausses informations" peuvent être contrées en agissant sur trois plans selon M. Charon. En premier lieu, il est nécessaire d'"identifier les fausses informations, [de] bien utiliser les réseaux sociaux pour diffuser des parades, et [de] bien présenter les correctifs. Ainsi, il faut encourager les cellules de 'fact checking' dans les médias."

Le sociologue appelle ensuite à davantage de présence vis-à-vis des internautes : "Il faut aussi mieux interagir avec l'auditoire. Au journal britannique 'The Guardian', par exemple, il y a une dizaine de personnes qui observent les réseaux sociaux et ont aussi un rôle de modération, de réponse aux lecteurs. Pourquoi ne pas développer cela en France ?"

L'appel à un "fact checking" complet

Pour finir, Jean-Marie Charon estime qu'"il ne faut pas se contenter de donner des liens objectifs, des faits, des chiffres trop ardus. Pour contrer une fausse info, il faut travailler sur l'argumentaire. [...] Le 'fact checking' ne doit pas seulement indiquer qu'une info est un mensonge, il doit aussi travailler sur la manière de dire que c'est de l'intox."

Alors qu'aux yeux du sociologue, un certain nombre de médias n'a pas considéré la toile de la même façon que le papier lors du passage aux années 2000, il suggère que la vérification de l'information comptera désormais parmi les assurances qu'une publication va pouvoir offrir à son lectorat.

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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