Un employé d'une filiale de La Poste viré pour avoir livré un colis avec 3 minutes de retard

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France
Une factrice fait sa tournée sur un scooter électrique à Chevilly-Larue en banlieue parisienne le 20 octobre 2016

La CGT s'inquiète des conditions de travail de plus en plus dégradées au sein de l'entreprise DPD de Mauguio, une filiale de La Poste.

Que se passe-t-il dans l’entreprise DPD de Mauguio, l’une des filiales de La Poste ? La CGT tire en effet le signal d’alarme sur les conditions de travail de plus en plus difficiles dans l’entreprise après qu’un salarié ait été viré pour avoir livré un colis avec 3 minutes de retard.

Depuis 2014, les accidents de travail, démissions et les licenciements ont explosé au sein de DPD.

Le nombre d’employés en baisse, mais pas l’activité

Ce sont nos confrères de France Bleu Hérault qui relaient cette situation de plus en plus tendue dans l’une des filiales de La Poste. Depuis depuis 2014, 19 accidents du travail, 87 licenciements, 39 démissions et plus d’une vingtaine de ruptures conventionnelles sur un total de 1 500 salariés ont été recensés chez DPD de Mauguio. Des départs qui ne seraient pas forcément compensés malgré une activité en hausse. Le personnel aurait été réduit de moitié et il ne resterait plus que six chauffeurs-livreurs en interne, les autres ayant été remplacés par des sous-traitants.

Dernière affaire en date, le licenciement d’un employé qui avait commis l’erreur de livrer un colis avec 3 minutes de retard sur l’heure prévue à la base. Cet exemple n’en est qu’un parmi tant d’autres ces derniers mois.

Jambe paralysée

Globalement, la CGT s’inquiète de la situation au sein de DPD et a de nombreux arguments à faire valoir. L’un des chauffeurs de l’entreprise, en passe d’être licencié, s’est confié à France Bleu « On n’a pas toujours les outils pour manipuler les colis (...) mon dos a lâché en deux parties et aujourd’hui, j’ai une paralysie complète du bas de la jambe et définitive. (...) Mon employeur a refusé de me déclarer un accident de travail jusqu’à ce que le médecin du travail, un mois après, intervienne ».

Julie Derudnicki, avocate de quatre salariés de Mauguio dénonce elle aussi des méthodes managériales inacceptables. La CGT a indiqué que des actions sont prévues dans les semaines à venir pour alerter l’opinion publique. La direction de DPD n’a pas tenu à réagir pour le moment.

Crédits photos : © AFP/Archives CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

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