Discrimination : condamnation du gérant d'une épicerie musulmane

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France La boutique du gérant condamné pour discrimination à Bordeaux en avril 2016.
La boutique du gérant condamné pour discrimination à Bordeaux en avril 2016.

A Bordeaux, le gérant d'une épicerie musulmane s'est vu condamner pour avoir mis en place des horaires d'accès séparés entre hommes et femmes.

Il s'appelle Jean-Michel Michalon, et s'est converti à l'islam depuis 2012. Cet ancien gérant d'une épicerie musulmane était poursuivi pour "provocation à la haine ou à la violence, discrimination et subordination d’un bien ou d’un service, le tout en raison du sexe".

A l'origine, l'instauration d'horaires différenciés d'accès à son commerce suivant que le clients étaient des hommes ou des femmes.

Discrimination à Bordeaux : 2 mois de prison avec sursis

Originaire de Soissons (Aisne), le jeune homme de 25 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel pour une affichette collée en 2015 à la devanture de son épicerie De l'Orient à l'Occident. Celle-ci précisait les heures d'ouverture : "Les frères : lundi, mercredi, jeudi… vendredi. Les sœurs : mardi, samedi, dimanche".

Suite à la polémique qui s'en était suivie, l'homme qui se fait appeler Yahya suite à sa conversion a perdu son commerce, et s'est séparé d'avec sa femme, elle aussi convertie. Il a été condamné à deux mois de prison avec sursis et à 500 euros d'amende.

L'ancien gérant évoque "une bourde"

A l'audience, le prévenu reconnaît avoir commis "une bourde" tout en déclarant ne pas avoir imaginé qu'il se trouvait hors-la-loi, et que l'instauration de ces horaires était demandé et souhaité par sa clientèle féminine. A l'époque, le maire Alain Juppé était monté au créneau, estimant que "Parmi les fondements de la République, il y a le respect de l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est la voie ouverte à toutes les dérives, dans les transports en commun, dans les équipements publics".

Le Monde rapporte les propos de l'avocat du jeune homme : "le contexte actuel de stigmatisation de la religion musulmane joue beaucoup dans ce dossier". Selon lui, son client avait là une démarche "purement" commerciale, "il voulait satisfaire et fidéliser sa clientèle". Avocat et client sont en train de penser à un éventuel appel de cette décision.

Crédits photos : Capture écran Google Maps

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