Deux hommes du "commando Erignac" évoquent leur "échec politique"

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France Photo d'illustration. Les barbelés d'une prison.
Photo d'illustration. Les barbelés d'une prison.

En 1998, le préfet Erignac tombait sous les balles de nationalistes corses. Condamnés à perpétuité, deux des membres du commando parlent d'un "échec politique".

Alain Ferrandi et Pierre Alessandri ont fait partie de ce qui fut appelé le "commando Erignac", qui le 6 février 1998 tuait le préfet Claude Erignac. Cet assassinat leur a valu une peine de prison à perpétuité.

Au quotidien Corse-Matin, les deux hommes qui purgent leur peine depuis 2003 à Poissy (Yvelines) ont livré leurs sentiments quant à la portée politique de leur acte.

Commando Erignac : "nous avons échoué à provoquer la prise de conscience"

Pour les deux hommes, l'un considéré comme le meneur du groupe, et l'autre qui a dit être le tireur, cet assassinat était une "erreur" : "Avec le recul, et l'analyse que nous faisons aujourd'hui de ce qu'il s'est passé, cela ne serait évidemment pas à refaire", déclare Pierre Alessandrini. "A chaque fois qu'il y a eu une tentative d'explication politique, on nous a opposé les faits. Or, s'il est vrai que nous avons tué un homme, nous avons aussi tué un symbole politique", indiquent-ils encore.

Les deux hommes, âgés aujourd'hui de 55 et 58 ans, confessent également que "Si nous avions pensé une seule seconde à nos familles, nous n'aurions pas pu le faire".

Les conséquences de l'arrestation d'Yvan Colonna

En 2011, après 4 ans de cavale, Yvan Colonna était jugé dans la même affaire et condamné à une peine de prison à perpétuité. Pour Alain Ferrandi, "L'arrestation d'Yvan Colonna (...) a achevé de brouiller le message politique déjà occulté par le procès. Le fond a été complètement occulté et l'ensemble des médias a laissé libre cours à son fantasme du berger innocent".

Le concernant, il a vu au début de l'année 2015 un recours validé par la Cour européenne des droits de l'homme. Ferrandi et Alessandri, quant à eux, sont dubitatifs quant à la demande d'amnistie générale formulée par le courant indépendantiste pour les prisonniers considérés comme "politiques". "Nous ne sommes pas contre l'amnistie, mais soyons honnêtes, nous ne l'avons jamais demandée", disent-ils de concert.

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