Deux élus LR expulsent sans ménagement des réfugiés d'un gymnase

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France Philippe Goujon (à gauche) et Jean-François Lamour (au centre). Capture d'ecran du compte Facebook de Philippe Goujon.
Philippe Goujon (à gauche) et Jean-François Lamour (au centre). Capture d'ecran du compte Facebook de Philippe Goujon.

Deux élus Les Républicains ont, hier, joué les vigiles zélés en expulsant eux-mêmes et de manière très contestable des réfugiés, provoquant le courroux de la maire de Paris.

La scène s'est déroulée dans le XVème arrondissement de Paris. Un groupe de migrants, déjà expulsés du campement de la halle Pujol, avait été provisoirement installé dans le gymnase Cévennes par le préfet mais sans en informer les élus du XVème arrondissement. Deux élus Les Républicains ont vu rouge lorsqu'ils ont appris la nouvelle et ont décidé de jouer les vigiles zélés en expulsant eux-mêmes les migrants provisoirement installés dans le gymnase.

Une expulsion particulièrement choquante

Vers 10h, Jean-François Lamour, député Les Républicains, et Philippe Goujon, député maire Les Républicains du XVème arrondissement de Paris, ont débarqué dans le gymnase avec la ferme intention d'expulser manu-militari les migrants. Le ton est rapidement monté avec les associations d'aide aux réfugiés présentes sur place. Selon un témoin, les deux élus se sont montrés particulièrement agressifs et insultants.

Selon le témoin, Philippe Goujon "s'est adressé à l’ensemble des gens sur place comme à des chiens, sans aucune politesse" qui poursuit : l'élu LR "est monté dans le gymnase en hurlant après tous les gens qu’il croisait et a commencé à faire sortir avec perte et fracas les migrants, 'shootant' dans leurs affaires entreposées au sol".

Un comportement proche de la xénophobie

Suite à cette expulsion particulièrement contestable, de nombreuses réactions se sont faites entendre. Anne Hidalgo, la maire de Paris a eu des mots assez durs pour qualifier l'attitude des élus de droite : "Nous sommes dans un Etat de droit : lorsqu'une décision préfectorale est prise, celle-ci doit pouvoir s'appliquer. La liberté d'opinion est une chose, ne pas respecter les représentants de l'Etat en est une autre". La maire de Paris poursuit : "Cette attitude est inadmissible, d'autant plus de la part d'élus qui ont un devoir d'exemplarité".

Pour Emmanuelle Cosse, la ministre du logement, l'expulsion par les élus est scandaleuse et elle demande la réquisition du gymnase. Une source proche de la mairie de Paris explique que les élus du XVème arrondissement mentent en disant ne pas avoir été avertis : "C'est faux, ils ont été prévenus avant l'arrivée des migrants", avant d'ajouter : "Ils ne veulent pas de migrants dans leur arrondissement, c'est tout. Ils ont une attitude franchement scandaleuse, on est à la limite de la xénophobie".

Pour sa défense, Philippe Goujon assure qu'"injecter dans un gymnase, sans préparation, des centaines de personnes, ce n'est pas possible". Jean François Lamour de son côté assure : "On marche sur la tête avec cette décision, le gymnase est en face d'une école et devait accueillir des activités sportives".

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