Dépakine : Malgré les risques, 10.000 femmes enceintes traitées depuis 2007

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Santé Illustration. Une femme enceinte
Illustration. Une femme enceinte

Malgré des risques connus depuis longtemps, la Dépakine a continué à être prescrite aux femmes enceintes depuis 2007. 10 000 femmes seraient concernées.

La Dépakine sera-t-elle au cœur d’un nouveau scandale d’envergure sur le territoire français ? C’est en tout cas ce qu’affirme le Canard Enchainé dans son édition du 10 août 2016. Alors que les risques de ce traitement anti-épileptique sont connus depuis une étude de 2006, le médicament aurait continué à être prescrit entre 2007 et 2014.

Manque de réactivité concernant Dépakine

Dans son enquête, le Canard Enchaîné rappelle que la Dépakine est accusée de provoquer des malformations chez le fœtus. Des effets connus par les autorités sanitaires depuis 2006, mais qui n’ont pas empêché le traitement d’être administré à 10 000 femmes enceintes entre 2007 et 2014.

Un chiffre qui figure dans une récente étude menée par l’agence du médicament ANSM en collaboration avec la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAMTS).

Environ 30 000 victimes de la Dépakine

Présent dans la Dépakine, le valproate de sodium est dans le viseur depuis plusieurs années à cause du risque élevé de malformations qu'il provoque (de l’ordre de 10 %) et d’un risque encore plus élevé de troubles du comportement ainsi que de cas d’autisme, qui peuvent atteindre jusqu’à 40 % des enfants exposés. Le traitement est commercialisé en France par Sanofi depuis 1967 et sous forme générique par d’autres laboratoires.

L’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) accuse Sanofi et les autorités sanitaires d’avoir tardé à agir alors que les risques du valproate de sodium sont connus depuis des années. Elle évalue à près de 30 000 le nombre des victimes du médicament depuis sa mise sur le marché. En février dernier, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait de son côté évalué à 450 le nombre d’enfants nés avec des malformations entre 2006 et 2014 après avoir été exposés à la substance, un chiffre « largement sous-estimé » selon le journal.

Crédits photos : Gajus / Shutterstock

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