Dentiste de l'horreur : les premières victimes indemnisées pour "préjudice permanent exceptionnel"

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France Des patients du Néerlandais Mark Van Nierop, surnommé le "dentiste de l'horreur" à leur arrrivée le 8 mars 2016 au tribunal de Nevers
Des patients du Néerlandais Mark Van Nierop, surnommé le "dentiste de l'horreur" à leur arrrivée le 8 mars 2016 au tribunal de Nevers

Dix-sept victimes du « dentiste de l’horreur » vont recevoir des indemnisations comprises entre 5000 et 40 000 euros accordées par la commission d’indemnisation des victimes d’infractions.

Si parfois, la peur du dentiste est un peu irrationnelle, celle des patients du docteur Mark Van Nierop était bien justifiée.

Selon les informations du Journal du Centre, la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (Civi) de Bourges vient d’accorder les premières indemnisations pour les victimes de celui que l’on surnomme « le dentiste de l’horreur ».

Les victimes de Mark Van Nierop indemnisées

Ces premières indemnités, allant de 5000 euros à 40 000 euros, constituent une première victoire pour les patients malheureux de Mark Van Nierop, dans une longue bataille judiciaire menée par Charles Joseph-Oudin, avocat de vingt-six des victimes du dentiste indélicat.

Ce dernier demandait la reconnaissance du préjudice permanent exceptionnel, ce qu’il a obtenu pour 17 délibérés rendus par le juge. Les décisions pour les autres cas débattus aujourd’hui ont été  reportées au lundi 3 octobre en raison d’une « surcharge de travail ».

Le "préjudice permanent exceptionnel" retenu constitue une première dans ce type d'affaires.

Certaines personnes mutilées à vie

Les montants des indemnités décidés par la Civi dépendaient en grande partie des séquelles gardées par les victimes. Ainsi, si certaines ont pu recouvrer l'usage de leur bouche, d'autres souffriront de ces mutilations toute leur vie.

Rappelons que le 26 avril 2016, le tribunal correctionnel de Nevers avait condamné Mark Van Nierop à huit ans d'emprisonnement et une interdiction définitive de pratiquer la profession de dentiste. Ce praticien néerlandais s'était installé en 2008 à Château-Chinon (Nièvre), désert médical reconnu.

La justice avait alors reconnu que 85 patients avaient subi des violences, 45 des mutilations et 61 personnes ont été considérées comme victimes d'escroquerie. Le dentiste de l'horreur avait vu son contrat d'assurance annulé après son assureur ait découvert que le praticien avait été poursuivi par la justice aux Pays-Bas, ce qu'il avait démenti. L'homme s'était déclaré depuis insolvable, ce qui laissait planer le risque de voir ses victimes rester sans indemnisation.

Crédits photos : © AFP/Archives PHILIPPE DESMAZES

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