Déchéance de nationalité : "plus qu'une ligne rouge, ce serait une faute" pour Duflot

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Politique
Cécile Duflot au "Grand Rendez-vous" d'Europe1 le 20 décembre 2015

La député EELV Cécile Duflot a récemment exprimé son opposition à la proposition de François Hollande de déchoir de leur nationalité les binationaux nés Français reconnus coupables de terrorisme.

Suite aux attentats du 13 novembre, le président de la République François Hollande avait évoqué la possibilité de déchoir de leur nationalité les binationaux nés Français coupables de terrorisme. Le 16 novembre, une révision de la Constitution incluant cette mesure aura d'ailleurs été annoncée.

Il y a quelques jours, cette déchéance de nationalité appelée à être inscrite dans les textes de loi semblait toutefois moins assurée d'y trouver sa place. Un ministre indiquait ainsi que "l'exécutif ne [faisait] pas de l'adoption de cette mesure un point dur", quand un autre se demandait si "le symbole [valait] la peine, pour trois ou quatre personnes seulement ?"

Cécile Duflot : "je suis résolument opposée sur la déchéance de nationalité"

La député d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) Cécile Duflot, invitée en ce dimanche du Grand Rendez-vous Europe1/Le Monde/iTELE, y a pour sa part manifesté son opposition au projet. En laissant ainsi fortement entendre qu'elle votera contre le moment venu : "À ce stade, je ne vois absolument pas l'intérêt de la modification de la Constitution, et je suis résolument opposée sur la déchéance de nationalité". Et d'ajouter que "c'est plus qu'une ligne rouge, ce serait une faute", et que "les criminels, on les pourchasse, on les juge, on les condamne".

La députée EELV aussi contre le maintien de l'état d'urgence

Mme Duflot a également indiqué "préférer que quelqu'un qui a attaqué notre pays soit jugé en France, en prison en France et surveillé plutôt que renvoyé dans un autre pays et qu'on ne sache pas quand est-ce qu'il peut intervenir ou revenir". Enfin, concernant l'état d'urgence quant à lui déjà en vigueur depuis plusieurs semaines, l'ex-ministre du Logement estime qu'il doit prendre fin. En effet, si pour Cécile Duflot, le régime et ses "moyens extraordinaires" apparaissaient nécessaires "pendant les premières semaines pour identifier les cellules dormantes, les armes" suite aux attaques du 13 novembre, "il faut que ça s'arrête". Dans le combat à mener contre la menace terroriste, elle recommande ainsi plutôt de renforcer les services de renseignements au travers d'"infiltrations" et de "surveillances".

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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