Le débat sur le port du burkini n’en finit pas

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France Une femme en burkini (2e à droite) sur une plage de Bizerte, en Tunisie, le 16 août 2016
Une femme en burkini (2e à droite) sur une plage de Bizerte, en Tunisie, le 16 août 2016

Malgré la suspension par le Conseil d’État des arrêtés anti-burkini, certaines villes du sud de la France, comme Nice, souhaitent continuer leur combat.

Les esprits se sont échauffés tout l’été concernant cet arrêté visant à interdire l’usage du burkini sur les plages du littoral français. Ce jeudi 01 septembre, à Nice, le tribunal administratif de la ville a tranché en suspendant officiellement l’arrêté en question. Cependant, l’avocate de la ville de Nice ne compte pas en rester là. Épaulée par d’autres avocats des villes voisines, elle souhaite faire entendre que le risque de trouble à l’ordre public est bel et bien existant.

Les raisons de la suspension de l’arrêté

La semaine dernière, le Conseil d’État avait décidé la suspension de l’arrêté concernant le port du maillot de bain intégral. Bien que servant de jurisprudence, cette décision avait été remise en cause par plusieurs des villes concernées. Ce jeudi, c’est le tribunal administratif de la ville de Nice qui confirme cette suspension contestée par la ville. Les juges administratifs estiment, que le port du burkini ne présente pas de risque de trouble à l’ordre public.

Ils précisent qu’« en l’absence de tels risques, l’émotion et les inquiétudes résultant des attentats terroristes, et notamment de celui commis à Nice le 14 juillet dernier, ne suffisent pas à justifier légalement la mesure d’interdiction contestée ».

D’autre part, le tribunal administratif de Nice reconnaît un abus de pouvoir de la part du maire de la ville. Il précise, à ce sujet,  que « le maire ne pouvait, sans excéder ses pouvoirs de police, édicter des dispositions qui interdisent l’accès à la plage et la baignade alors qu’elles ne reposent ni sur des risques avérés de troubles à l’ordre public ni, par ailleurs, sur des atteintes établies à l'hygiène, à la décence ou à la sécurité de la baignade ».

La réplique des villes concernées par l’arrêté

La plupart des villes ayant opté pour cet arrêté sont situées dans le sud de la France et sont dirigées par la Droite. Selon leurs avocats, les risques sont réels. C’est en tous cas l’avis de Me Pauline de Faÿ, avocate représentant la ville de Nice, qui déclare inébranlable, qu’« en l'espèce, non seulement il y a un risque avéré, mais il y a même déjà des troubles à l'ordre public ». Elle juge que Nice est une « ville meurtrie » suite aux attentats du 14 Juillet. Elle ajoute d’ailleurs avec aplomb que : « la population est traumatisée et presque au bord de la guerre civile ».

La ville de Menton est également assignée en justice par la Ligue des droits de l'homme (LDH) et le Collectif contre l'islamophobie (CCIF). Son avocat, Me Fabrice Barbaro, est donc venu plaider en faveur de l’arrêté, aux côtés de sa collègue niçoise. Il fait part des sentiments racistes qui se développent dans une partie de la population de sa ville.

Menton ferait notamment face à l'afflux de nombreux migrants africains venant de la commune italienne voisine de Vintimille. Il explique sans détour, que « Le fait que des migrants passent par la mer en nageant habillés a provoqué des rumeurs récurrentes et malveillantes quant à la présence de maladies graves et relatives à la salubrité ».

Crédits photos : © AFP FETHI BELAID

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