Le curieux hommage de François Hollande à François Mitterrand

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France
François Mitterrand lors d'un meeting à Caen en 1981.

Le chef de l’Etat a, hier, rendu hommage à François Mitterrand lors du centième anniversaire de l’ancien président. Un hommage très curieux où les deux François semblent n’en faire qu’un.

Pour le centenaire de la naissance de François Mitterrand, François Hollande a donné, hier, un discours au Louvre en hommage à l’ancien président socialiste qui a profondément modifié la France des années 80. Le chef de l’Etat a profité de cette occasion pour se lancer dans un discours dans lequel, les sous-entendus comparatifs étaient flagrants. Au point de se demander si François Hollande ne rendait pas, en fait, hommage à sa propre personne. Un discours qui a surpris un grand nombre d’observateurs.

Centenaire de la naissance de François Mitterrand

Le centième anniversaire de François Mitterrand, disparu il y a 20 ans, a été l’occasion pour François Hollande de lui rendre un vibrant hommage au carrousel du Louvre. L’allocution de l’actuel président a surtout mis l’accent sur les difficultés rencontrées par son prédécesseur socialiste et dont il fait actuellement l’objet. Ce curieux exercice de style ressemblait fortement à un hommage non pas à François Mitterrand mais bien davantage à François Hollande lui-même.

Dans son allocution, François Hollande a évoqué la ténacité et l’abnégation de François Mitterrand qui n’avait « jamais cédé au découragement » et n’a jamais « cessé de rassembler ». Le chef de l’Etat a rappelé que son prédécesseur socialiste à l’Elysée « a  reçu bien des hommages lors de sa disparition. Il faut rappeler toutes les critiques et contestations qu’il a pu subir ».

Un discours en forme d’hommage à son propre quinquennat

François Hollande a notamment évoqué les attaques dont François Mitterrand avait fait l’objet, sous-entendant par là même ses propres difficultés d’aujourd’hui et le rejet dont il fait l’objet : « Il était attaqué parce qu’il était la gauche. Parce qu’il a toujours voulu préserver ce qui fait la force du pays, son unité » avant de poursuivre : « Aucune de ses réformes n’a été facile. Toutes ont été contestées, encore aujourd’hui. Alors il faudra les défendre ». Dans un évident parallèle avec les difficultés qu’il rencontre actuellement, François Hollande a rappelé : « En 1983, courageusement, il décide la rigueur, pour la France, pour éviter le risque de la fermeture ».

La suite de l’hommage prend une tournure comparative encore plus curieuse lorsque François Hollande évoque les qualités et succès de son prédécesseur socialiste à la tête de la France : « S’il semblait parfois à contretemps, c’est qu’il avait pris de l’avance. C’est ce qui lui a permis de construire l’Europe. […] C’était un patriote et un Européen. C’est pour que la France soit grande qu’il voulait que l’Europe soit unie ». Persévérant sur le thème de l’Europe, François Hollande a tenu à rappeler l’activité de son prédécesseur : « En 1984, il y eut une grave crise européenne. Il a su avec ses partenaires désembourber l’Europe. […] Alors que l’enjeu européen vacille et que les populismes montent, il nous faut écouter le message de François Mitterrand ».

François Hollande a enfin ajouté : « Il nous faut donner une impulsion. L’Europe a besoin de la volonté de ses dirigeants et surtout que les peuples s’en mêlent. […] C’est au nom de cette volonté qu’il a porté la voix de la France dans le monde, un pays ouvert, respecté, écouté ».

Crédits photos : Wikimedia Commons

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