"Complément d'enquête" : les accusations de Bolloré, les démentis des journalistes

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Le patron du groupe Vivendi, Vincent Bolloré ici en 20122.

Vincent Bolloré accuse les journalistes du magazine "Complément d'enquête" d'avoir bidonné un reportage le concernant. Et ceux-ci d'apporter un démenti aux propos émis par l'homme d'affaires.

Jeudi en deuxième partie de soirée, France 2 était appelé à diffuser un numéro de son magazine Complément d'enquête particulièrement incisif envers Vincent Bolloré. Quelques jours plus tôt, le vendredi 3 juin dernier, l'homme d'affaires accusait les journalistes responsables du sujet le concernant d'avoir bidonné des témoignages.

Dans le reportage s'exprimaient ainsi deux travailleurs d’une plantation de palmiers à huile, plantation à la gestion assurée par la société Socapalm dont M. Bolloré est actionnaire. Ces jeunes ouvriers rapportaient des conditions de travail particulièrement difficiles, avec notamment la nécessité d'acheter eux-mêmes des gants de protection sur leur salaire.

Bolloré accuse "Complément d'enquête" d'avoir bidonné des témoignages

Et alors que le sujet les présentait comme mineurs, puisque âgés de 14 et 16 selon leurs dires, Vincent Bolloré laisse entendre une manipulation des journalistes pour faire passer comme mineurs ces travailleurs ayant apparemment atteint la majorité : "Y'a des huissiers qui sont partis sur place. Donc le jeune qui avait soi-disant 14 ans, il a 20 ans et il a été payé pour dire qu’il en avait 14."

Avant même la diffusion de ce nouveau numéro de Complément d'enquête sur l'antenne de France 2,  son rédacteur en chef Thomas Horeau et l'auteur du sujet Tristan Waleckx ont apporté un démenti aux accusations du nouveau patron du conseil de surveillance de Canal+.

Des journalistes partagés "entre la sidération et la colère"

Auprès de Télérama.fr, Thomas Horeau est apparu plutôt détendu sur la question : "Cela nous fait plutôt sourire. Évidemment, nous démentons en bloc. Affirmer que Complément, via Tristan, aurait payé les jeunes pour leur faire dire qu’ils avaient 14 ans alors qu’ils en avaient 20… Ce n’est pas dans nos pratiques et si Vincent Bolloré le souhaite, nous disposons d’autres témoignages de jeunes mineurs qui travaillent sur la même plantation."

Pour Tristan Waleckx, l'amusement n'est pas le seul sentiment provoqué par les propos de Vincent Bolloré : "Cela ne nous fait pas juste sourire. On hésite entre la sidération et la colère. Il nous accuse tout de même de choses graves. Lors de notre enquête pour le portrait diffusé en avril dernier, nous avions été amenés à constater que Vincent Bolloré était capable de beaucoup de choses. Nous en sommes la cible à notre tour. Il n’y a pas le début d’un commencement de vérité dans ses accusations." Les journalistes apparaissent par ailleurs ouverts à la discussion avec Vincent Bolloré afin de témoigner de leur bonne foi.

Crédits photos : Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock.com

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