La communication confuse de l'Egypte sur le crash d'EgyptAir

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France
Un avion de la compagnie EgyptAir sur le tarmac de l'aéroport du Caire, le 19 mai 2016

Ces derniers jours ont été rythmés par des annonces concernant le crash du vol MS804 d'EgyptAir. L'exercice de communication dans ce genre de drame est toujours compliqué.

Après un drame tel que le crash d'un avion, la communication est primordiale, surtout pour l'Egypte un pays qui a traversé différentes crises et dont l'image à l'étranger n'est pas des plus reluisantes. L'économie de ce pays d'Afrique du Nord est en partie basée sur le tourisme et son image est une des principales préoccupations du régime en place et ce genre de drame comme le crash du vol d'EgyptAir pourrait avoir un impact désastreux.

Crash d'EgyptAir : les ratés de l'Egypte en termes de communication

Tant la compagnie aérienne que le pouvoir n'ont pas forcément su gérer correctement l'exercice de communication suite au crash de l'avion d'EgyptAir qui aurait dû rejoindre Le Caire depuis Paris. Des débris auraient été retrouvés puis en fait non, un message de détresse aurait été envoyé par le pilote mais en fait on ne sait plus trop. Bref, autant de communiqués qui ne font que rendre les familles encore plus confuses et qui ne démontrent pas un savoir-faire en matière de gestion de crise pour l'Egypte.

"C'est toujours plus difficile pour ce type de régime, fermé et autoritaire, qui ne se prête pas facilement à ce genre d’exercice. Al-Sissi n’est pas entouré par beaucoup de personnes et gère les crises de façon très resserrée, il n’y a pas de fluidité dans les relations entre les uns et les autres" expliquait Agnès Levallois, actuellement maîtresse de conférences à Sciences Po Paris et spécialiste du monde arabe contemporain.

L'hypothèse de l'attentat est considérée

Alors que l'Etat égyptien avait attendu 4 mois avant d'admettre que le crash de l'airbus de Metrojet, qui avait fait 224 morts fin octobre 2015 était dû à un attentat, alors même que celui-ci avait été revendiqué par Daesh, il semble que le régime ait tiré quelques leçons concernant la communication. En effet, dès jeudi le ministre de l'aviation a déclaré que l'hypothèse de l'attentat n'était pas écartée.

"La dernière fois, alors qu’elle disposait d’éléments probants, l’Egypte a préféré nier et s’est enferrée, ce qui l’a décrédibilisé. Si aujourd’hui la communication autour d’une piste terroriste a été si rapide c’est surtout parce que l’avion ne décollait pas de son sol mais de Paris. Si l’attentat est avéré pour le vol EgyptAir, la sécurité des infrastructures aéroportuaires égyptiennes ne sera pas mise directement en cause", analysait Mme Levallois.

Crédits photos : © AFP KHALED DESOUKI

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