Climat : Laurent Fabius sonne "l'alerte rouge" pour la planète

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Environnement
Laurent Fabius.

À la veille de l'ouverture de la COP22, le désormais président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius estime qu'il y a "alerte rouge" au niveau de la planète Terre.

En décembre dernier à Paris, le président de la COP21 Laurent Fabius état parvenu à conclure l'évènement par la ratification d'un accord sur le climat. Six mois plus tard, après avoir quitté son poste à la tête de la Conférence et pris celle du Conseil constitutionnel, il émettait son inquiétude quant à l'application de cet accord de Paris.

Auront été évoquées "les difficultés majeures" rencontrées dans la mise en place de cette signature commune, n'ayant ainsi pas inclus les cinq premiers émetteurs de Co₂ au monde que sont la Chine, les États-Unis, l'Union européenne, l'Inde et la Russie. Une avancée à ce niveau peut-elle intervenir à partir de lundi, date à laquelle s'ouvrira la COP22 au Maroc ?

Fabius : Accord de Paris sur le climat, ce n'est "pas assez"

Dans un entretien accordé au JDD, Laurent Fabius a rappelé qu'en dépit de l'importance de l'accord signé par 195 pays, il demeure de nombreux efforts à fournir pour réduire du mieux possible le réchauffement climatique :

"L’Accord de Paris est une réussite exceptionnelle mais ce n’est pas assez. La détérioration climatique risque d’être plus forte et plus rapide que ce que la plupart imaginent. Il faut donc à la fois appliquer concrètement cet accord et accélérer : la prochaine grande étape doit être 2018. Heureusement, il existe des signes très positifs. L’entrée en vigueur rapide de l’accord, avant la COP22 de Marrakech, en est un. Positifs aussi deux accords mondiaux intervenus en octobre : celui limitant l’émission de gaz à effet de serre dans l’aviation civile, et celui sur les HFC qui réduit pour la première fois l’utilisation de ces gaz très polluants."

"Les chiffres et les réalités restent très inquiétants"

Et l'ancien ministre des Affaires étrangères de citer l'ancien président de la République Jaques Chirac pour signifier qu'à la différence d'il y a plus de quinze ans, la planète se mobilise pour contrer le dérèglement du climat, dans un contexte certes possiblement plus compliqué :

"Jacques Chirac avait dit dès 2002 : 'Notre maison brûle et nous regardons ailleurs.' Aujourd’hui, je dirais : 'Nous ne regardons plus ailleurs. Nous agissons dans la foulée de l’Accord de Paris. Mais notre maison continue de brûler. Et il y a même alerte rouge.' Car les chiffres et les réalités restent très inquiétants."

Crédits photos : © Flickr / MEDEF

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