Civitas, le mouvement catholique intégriste, devient un parti

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Politique Un défilé organisé par Civitas.
Un défilé organisé par Civitas.

L'organisation catholique proche de l'extrême-droite s'est muée en parti politique. Elle pourrait même présenter des candidats dès l'échéance législative de juin 2017.

Mardi, Le Parisien révélait une information passée inaperçue depuis le 23 avril dernier, jour où l'organisation catholique intégriste Civitas est officiellement devenue un parti politique.

Dans le Journal officiel, on peut lire le but assez clair de ce qui est maintenant un nouveau mouvement dans le paysage politique français : "promouvoir et défendre la souveraineté et l'identité nationale et chrétienne de la France en s'inspirant de la doctrine sociale de l'Eglise, du droit naturel et des valeurs patriotiques, morales et civilisationnelles indispensables à la renaissance nationale". Rien que ça.

Civitas, des candidats dès les législatives de 2017 ?

Les manifestations contre le Mariage pour tous avait mis en lumière cette mouvance catholique intégriste proche de l'extrême-droite, qui relaie des slogans tout en nuances tels que "Non aux pédés, la famille, c'est sacré". Selon des informations recueillies par France Info mercredi, le scrutin législatif de juin 2017 pourrait être l'occasion pour le néo-parti de présenter ses premiers candidats, tout comme aux prochaines municipales de 2020.

En devenant formation politique, Civitas s'offre une déduction fiscale de 66% sur les dons qu'elle perçoit. Mais pour Alain Escada, son président, l'objectif mis en avant est strictement politique : "Notre objectif n'est pas à ce stade la présidentielle. Nous envisageons d'autres échéances, des élections législatives, municipales et européennes par la suite. Notre calendrier n'est pas à court terme, il est à long terme".

Des réactions outrées

Et Le Parisien de citer les propos de la présidente de l'Observatoire de la laïcité du Val d'Oise, Laurence Marchand-Taillade qui rebondit sur cet avantage fiscal : "Tout ça pour un groupuscule qui veut restaurer la royauté de Jésus-Christ en France".

Olivier Falorni, député Divers gauche de Charente-Maritime, n'est guère plus mesuré dans ses réactions. Il a d'ailleurs adressé une lettre au ministre de l'Intérieur mardi : "En 2013, Civitas avait obtenu un statut d'organisme d'intérêt général, ce qui lui permettait d'avoir une déductibilité des dons. En janvier 2016, ce statut leur a été retiré. Et les voilà qui reviennent sous forme de parti politique pour obtenir la même niche fiscale", remarque l'élu, en demandant de "mettre un terme" à cet avantage. Ce à quoi Bernard Cazeneuve a répondu que la demande d'agrément n'était entachée d'aucune irrégularité.

Sur RTL mercredi matin, le député n'avait pas vraiment décoléré. En évoquant le président de Civitas, il a déclaré : "Escada, c'est un peu le serpent dans le livre de la jungle, celui qui dit, aie confiance' pour mieux vous étouffer". Et pour enfoncer le clou, il dit relever dans les idées de l'organisation "beaucoup de points communs" avec la mouvance salafiste.

Crédits photos : Capture d'écran YouTube/Civitas

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