Charleston : le drapeau tant controversé sera-t-il enfin retiré ?

Par , publié le
International Drapeau confédéré, Columbia, Caroline du Sud
Drapeau confédéré, Columbia, Caroline du Sud

Suite à la tuerie de charleston qui a eu lieu le 17 juin dernier, les appels au retrait du drapeau confédéré se multiplient en Caroline du Sud.

Mercredi 17 juin vers 21h, durant une séance d’étude de la Bible dans l’église Emanuel African Methodist Episcopal Church, une des plus anciennes églises noires de la ville de Charleston, un jeune homme de 21 ans a fait irruption sur le lieu de culte et a tiré sur les fidèles, provoquant la mort de 9 personnes. Ce crime perpétré par le jeune Dylann Roof, est un crime raciste qui a ravivé les douleurs des habitants de cette région (Caroline du Sud) fortement touchée par l'esclavage durant près de 200 ans. Aux États-Unis, de nombreuses personnes prônant la suprématie blanche, comme Dylann Roof par exemple, vouent une certaine admiration au drapeau confédéré, qui au fil des années, est devenu, plus qu'un symbole de résistance à l'oppression nordiste, un symbole de la suprématie blanche. C'est ce drapeau qui suscite de nombreuses controverses et qui flotte toujours au siège du gouvernement de l’État à Charleston, que les habitants de la région souhaitent voir retirer.

Un drapeau qui dérange

Ce drapeau confédéré, qui représente la fierté et l’héritage du sud pour de nombreux américains et pour d’autres le symbole du racisme et de la théorie de la suprématie blanche, divise de plus en plus l’Amérique et plus particulièrement la Caroline du Sud.

Samedi 20 juin, des milliers de manifestants étaient réunis devant le parlement local à Columbia, capitale locale de la Caroline du Sud, pour réclamer le retrait du drapeau confédéré. Dans la foule jeune et métissée on pouvait entendre "We Shall Overcome", un chant emblématique des marches pour les droits civiques des noirs aux États-Unis et voir de nombreuses pancartes réclamant le retrait de ce drapeau considéré comme le drapeau des États esclavagistes.

La gouverneure de l’État, Nikki Haley, a tenue une conférence de presse durant laquelle elle exigeait elle aussi le retrait de ce drapeau : "150 ans après la fin de la Guerre de Sécession, le temps est venu", a-t-elle déclaré. Quant à Cornelle Brooks, président de la National Association for the Advancement of Colored People (Association nationale pour la promotion des gens de couleur), il s'en est également violemment pris à ce drapeau en déclarant "Nous ne pouvons pas avoir le drapeau confédéré flottant dans la capitale. Certains vont dire qu'il s'agit simplement d'un symbole d'une période révolue, d'un héritage et non de la haine. Mais lorsqu'on sait que ce drapeau est utilisé comme symbole de la haine, comme outil de la haine, comme inspiration de la haine et de la violence, ce symbole doit être détruit."

Capture d'écran du blog raciste : lastrhodesian.com sur lequel Dylann Roof pose avec une arme à la main et un drapeau confédéré dans l'autre

Capture d'écran du blog raciste : lastrhodesian.com sur lequel Dylann Roof pose avec une arme à la main et un drapeau confédéré dans l'autre

Le drapeau confédéré admiré par le tueur de Charleston

Dans un manifeste publié sur internet, on peut voir une photo de Dylann Roof, l'auteur du massacre de l’église de Charleston, brandir le drapeau confédéré et justifier, dans un texte raciste, son crime par sa haine des noirs. Sur le profil Facebook du jeune homme de 21 ans, on peut également voir une photo de lui, vêtu d'un blouson noir sur lequel sont accrochés le drapeau de l'ex-Rhodésie (actuelle Zimbabwe) ainsi que le drapeau de l'Afrique du sud du temps de l'apartheid. Ces deux régimes sont très admirés aux États-Unis par ceux qui promeuvent la suprématie des Blancs.

Pour de nombreux américains, le temps est donc venu de retirer ce drapeau confédéré qui divise le pays et ravive de profondes douleurs.

Partager cet article

Pour en savoir plus