Brexit : Londres compensera les aides européennes

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International Philip Hammond le 28 juin 2016 à Londres
Philip Hammond le 28 juin 2016 à Londres

Le gouvernement britannique a indiqué qu'il souhaitait compenser la perte des aides européennes suite au Brexit en allouant les mêmes subventions aux secteurs aidés par l'Union Européenne.

La fin des aides européennes était l'une des principales craintes soulevées par les partisans de rester dans l'Union Européenne (UE). Certains domaines, particulièrement subventionnés, comme l'agriculture, la recherche ou encore les projets d'infrastructure redoutaient la fin des aides en provenance de Bruxelles. Le gouvernement britannique a indiqué, hier, qu'il souhaitait se substituer aux subventions généreusement accordées par l'UE.

Un budget de près de 5,2 milliards d'euros

Philip Hammond, le ministre britannique des finances, a hier présenté une mesure qui prendrait le relais jusqu'à l'horizon 2020 des aides fournies par Bruxelles dans les domaines de la recherche, l'agriculture et les projets d'infrastructure.

C'est par un communiqué que le ministre anglais des finances s'est exprimé : "Nous sommes conscients que, dans tout le Royaume-Uni, nombre d'organisations bénéficiant de fonds européens ou qui s'apprêtent à en bénéficier souhaitent avoir des garanties quant aux flux de financement dont elles vont bénéficier" avant de préciser : "Nous sommes déterminés à offrir de la stabilité et des certitudes en attendant notre départ de l'UE". Les aides allouées par l'UE sont évaluées à 4,5 milliards de livres soit 5,2 milliards d'euros.

Une mesure qui rassure les chercheurs et les agriculteurs

La "CLA", une association regroupant plus de 32.000 propriétaires ruraux et agriculteurs, est soulagée. Cette annonce était jugée "vitale". Selon Ross Muray, le président de l'association CLA : "Elle va rassurer le monde agricole et rural dans le pays. Nous avions été très clairs dès le début de la campagne pour le référendum sur l'UE que c'était la première décision que le gouvernement avait à prendre en cas de vote pro-Brexit".

Les chercheurs de la Royal Society, l'Académie britannique des sciences, ont eux-aussi salué l'annonce comme une "mesure bienvenue". Selon Venki Ramakishnan, différents programmes européens avaient été remis en cause. M Ramakishnan s'est exprimé chez nos confrères de la BBC : "Nous avons reçu des témoignages rapportant une volonté de ne pas associer des collaborateurs britanniques à des projets devant l'incertitude sur la durée de leur engagement. C'est pourquoi cette annonce est si importante ".

La Grande-Bretagne doit effectuer sa demande de retrait de l'Union Européenne via l'article 50 du traité européen. Les négociations doivent s'achever en moins de 24 mois. Le temps de présenter sa demande, Londres pourrait donc définitivement se retirer de l'UE dans le courant de l'année 2019.

Crédits photos : © AFP/Archives Daniel Leal-Olivas

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