Blois : une mère porteuse accusée d'escroquerie sur deux couples homosexuels

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France Illustration. Une femme enceinte
Illustration. Une femme enceinte

Mardi soir, le tribunal correctionnel de Blois a jugé le cas d'une mère porteuse accusée d'avoir escroqué deux couples homosexuels. Le verdict devrait être rendu le 22 mars prochain.

Une femme de Vendôme (Loir-et-Cher) désormais âgée de 37 ans a été jugée mardi soir par le tribunal correctionnel de Blois. Elle est accusé d'avoir escroqué deux couples homosexuels en ne leur ayant ainsi jamais livré les enfants qu'elle leur avait vraisemblablement promis en qualité de mère porteuse.

Les faits, rapportés par nos confrères du Figaro, remontent à 2008. En ce temps, cette femme déjà mère de quatre enfants avait choisi de remettre son cinquième nouveau-né, non désiré, à un couple de Parisiens et ce gratuitement. Une expérience que cette femme allait reproduire sur la toile, mais cette fois-ci en échange d'une dizaine de milliers d'euros.

Mère porteuse accusée d'escroquerie : elle prétextait la mort du bébé

En avril 2009, elle aura reçu la proposition d'un couple anglais qu'il lui sera cependant impossible d'honorer en raison de tentatives d'insémination artisanale non concluantes. En 2010, elle accepte de porter un enfant pour un couple d'homosexuels et contre 15.000 euros. À ces parents en devenir, elle va prétexter une mort du bébé à sa naissance pour ne pas le leur remettre, et le confier à la place à un autre couple d'homosexuels en échange là aussi d'une dizaine de milliers d'euros. Elle renouvellera l'escroquerie dans des circonstances semblables, à la différence que le second couple était hétérosexuel.

Elle voulait "juste donner du bonheur"

Cette femme sera interpellée en 2013 et mise en examen pour escroquerie et tentative d'escroquerie. Au tribunal, elle aura déclaré avoir "juste [voulu] donner du bonheur", et les experts de l'avoir décrite comme une personne présentant des "carences affectives et éducatives majeures" ainsi qu'"une très faible estime d'elle". On apprend de même que son père l'a violée durant son adolescence. Son avocat et ceux des quatre couples concernés dans cette affaire ont demandé la relaxe de cette mère porteuse, et le vice-procureur d'avoir pour sa part requis à son encontre un an de prison dont neuf mois avec sursis. Il a en outre demandé à ce que chacun des quatre couples s'acquittent de 2.000 euros d'amende avec sursis pour provocation à l'abandon d'enfants. Quant aux enfants nés par ces pratiques, leur sort sera décidé par des procédures actuellement en cours. Le tribunal correctionnel de Blois rendra quant à lui sa décision le 22 mars prochain.

Crédits photos : Gajus / Shutterstock

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