Bien qu'interdit, le bisphénol A est encore parfois utilisé

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Santé
Photo d'illustration. Des canettes en aluminium.

L'Association santé environnement France (Asef) s'est livrée à un test sur quelques contenants alimentaires, tels canettes et conserves. D'après les résultats, le bisphénol A pourtant interdit est toujours présent dans certains produits, mais plus dans les biberons.

En décembre 2012, l'interdiction du bisphénol A (BPA) faisait l'objet d'une proposition de loi adoptée par le Parlement. Ce produit chimique, perturbateur endocrinien, ne doit donc plus entrer dans la composition des contenants alimentaires à destination des bébés depuis 2013, et dans les autres produits industriels en 2015.

Les récents tests réalisés par L'Association santé environnement France révèlent que si pour les biberons, l'interdiction est respectée, ce n'est pas le cas de certains contenant alimentaires métalliques.

Bonne nouvelle, il n'y a plus de BPA dans les biberons

Pour rappel, le bisphénol A est utilisé depuis des dizaines d'années pour ses propriétés anti-chocs et de résistance à la chaleur. Et pas seulement dans le domaine de l'alimentation, on le retrouve aussi dans l'automobile ou la fabrication de DVD, pour ne citer que ces exemples. C'est sa migration vers les aliments et donc sa toxicité qui a conduit les autorités à le bannir de la production de contenants.

Et d'abord, une bonne nouvelle concernant les 6 biberons de marques différentes testés : "Dans aucun il n'a été trouvé ni de bisphénol A, ni l'un de ses substituts. Pour les jeunes parents, c'est une bonne nouvelle", indique le Dr Pierre Souvet, président de l'Asef. Un soulagement qui n'empêche pas cette recommandation : "Néanmoins, nous conseillons de privilégier tant que c’est possible les biberons en verre si vous chauffez l’eau".

Les contenants métalliques pas exempts de bisphénol A

Le collectif de médecins a également testé 2 canettes (eau gazeuse et soda). Et c'est là que le bât blesse : dans l'une d'elle, du bisphénol A et a été relevé. Concernant les deux boîtes de conserve analysées, l'une d'elle contenait du bisphénol A et S. Certes, la quantité représentait 1 microgramme, mais le Dr Patrice Halimi, secrétaire général de l'Asef prévient : "Les doses présentes dans les produits sont faibles, mais elles n’auront pas le même effet sur les personnes, suivant l’âge, le sexe, le profil génétique, le type de produits, la fréquence ou la durée de l’exposition. On sait qu’un fœtus porté par une femme enceinte sera beaucoup plus sensible à ces produits qu’un homme de 50 ans…".

Les bisphénol F et S détectés sont toujours légalement utilisables. Mais une étude américaine publiée en 2015 tendait à démontrer que les deux substances avaient potentiellement les mêmes effets que le BPA.

Crédits photos : Shutterstock.com

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