Bárbara Carroll De Obeso : Viva Mexico, un festival reflétant "richesse et diversité" du cinéma mexicain (Interview)

Par , publié le | modifié le
Cinéma viva-mexico

La Directrice Générale du festival Viva Mexico répond à quelques-unes de nos interrogations sur la très riche manifestation.

24matins: Qu'est-ce qui fait la force du cinéma mexicain sur la scène internationale ?

Bárbara Carroll De Obeso : Définitivement la qualité des créations et cette capacité des réalisateurs et réalisatrices mexicains à toujours surprendre avec leurs thématiques, styles narratifs, choix artistiques. Mais il ne faut pas oublier que la richesse et la puissance du cinéma mexicain à l’international réside aussi dans le travail des acteurs, chefs opérateurs, monteurs, compositeurs aussi très reconnus et sollicités dans le monde entier.

Que nous disent les fictions et documentaires du festival sur le cinéma mexicain ?

La programmation reflète clairement la richesse, la diversité et l’intensité du cinéma mexicain actuel. Certes rempli de contrastes et sujets puissants mais aussi rempli de propositions rafraichissants et novatrices. Avec par exemple un documentaire sur le RAP mexicain : Somos Lengua de Kyzza Terrazas. Grâce à ce documentaire, Kyzza nous fait découvrir non seulement la présence et importance du mouvement Hip hop et Rap au Mexique, mais aussi les réalités auxquelles cette jeunesse est confrontée

Somos Lengua de Kyzza Terrazas, 2016

Somos Lengua de Kyzza Terrazas, 2016

Ou un autre exemple, en fiction : La Delgada línea Amarilla de Celso García. C’est le premier film de ce réalisateur et pourtant il reflète un savoir-faire et une sensibilité très surprenants. Une histoire universelle d’amitié, de perte et de pardon tout en gardant un humour rafraîchissant.

La Delgada línea Amarilla de Celso García, 2016

La Delgada línea Amarilla de Celso García, 2016

Chaque édition du festival a vu la programmation s'étoffer, avec un point d'honneur également porté sur l'accessibilité. Quels sont les prochains défis que le festival devra relever ?

Concernant l’accessibilité le défi le plus important serait de réussir à faire du festival une manifestation 100% accessible et de manière pérenne. Cette volonté existe depuis 2014 mais l’une des principales difficultés est le financement, surtout pour une manifestation comme la nôtre qui malheureusement ne « rentre » pas dans le profil des projets fréquemment soutenus par les Fondations et Institutions.

Le deuxième défi serait de continuer à élargir l’itinérance en France et répondre à l’invitation d’amener le festival à d’autres pays en Europe. Et enfin, un objectif aussi très important à mes yeux serait de développer toute la partie « Industrie cinématographique » pour que « Viva Mexico » soit aussi une plateforme qui favorise la distribution et co-production entre les deux pays.

Quels seraient 5 longs-métrages mexicains incontournables ?

Il y a toujours les films classiques et incontournables de Luis Buñuel ou Emilio el Indio Fernández, mais je souhaite me concentrer sur un top 5 plus contemporain :

  • Amours chiennes de Alejandro González Iñárritu.
  • Carmin profond de Arturo Ripstein.
  • Cronos de Guillermo del Toro.
  • Temporada de Patos de Fernando Eimbcke
  • La jaula de oro de Diego Quemada-Diez
Arturo Ripstein, réalisateur présent lors de l'édition 2016 du festival

Arturo Ripstein, réalisateur présent lors de l'édition 2016 du festival

Toute la programmation en détails : http://www.viva-mexico-cinema.org/edition-2016/programme/

Partager cet article

Pour en savoir plus