Avis médical à 295 euros : une alternative désormais "accessible"

Par , publié le
Santé Photo d'illustration. Un médecin en blouse blanche.
Photo d'illustration. Un médecin en blouse blanche.

Si elles le désirent, les personnes souhaitant bénéficier d'un second avis médical peuvent se tourner vers un site demandant 295 euros pour le traitement de leur dossier.

S'il est assez fréquent de voir des patients solliciter un second avis médical dans le cadre d'un dossier spécifique, le choix de cette deuxième opinion se doit d'être observé avec prudence. Depuis peu, le site Deuxième Avis propose, comme son nom l'indique, de délivrer un second avis médical sur un cas donné.

Et bien que, sur sa page d'accueil, le site indique qu'il "permet aux patients d’obtenir un deuxième avis médical, en moins de 7 jours, auprès de médecins qui ont un très haut niveau d’expertise sur leur maladie", et que "Deuxiemeavis.fr est autorisé par la CNIL et a conclu un contrat avec l'Agence Régionale de Santé", une donnée notable n'apparaît pas instantanément : le coût de la démarche.

"Deuxième Avis" : une alternative coûteuse et décriée par les médecins

Il convient ainsi de cliquer sur "Découvrir notre service" pour apprendre que ce second avis demandera au patient de débourser la somme de 295 euros (non remboursée par la Sécurité sociale comme nous le rapporte Pourquoi Docteur ?, même si Deuxième avis semble ouvert à des solutions pour les bourses en difficulté). Cette dernière correspondant, nous dit-on, "aux honoraires du médecin expert", "à la sécurisation de vos données" ainsi qu'"à l'organisation et la maintenance du service". Après avoir rempli un questionnaire en ligne et téléchargé son dossier médical, et le tout dans une apparente totale sécurité, ce second avis médical est "rendu sous un délai compris entre 48h et 7 jours". Mais en dépit de la participation d'experts, ce service déplaît aux professionnels de la santé.

"Une démarche commerciale et dangereuse" pour Jean-Paul Hamon

Pour Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, il est en effet question ici d'"une démarche commerciale et dangereuse, qui n’honore pas les médecins qui se sont lancés dedans". De son côté, la Confédération des syndicats des médecins de France (CSMF) s'interroge : "Qui assurera le suivi et les interrogations complémentaires du patient, si ce n’est le médecin traitant court-circuité ?"  L'une des trois fondatrices de Deuxième Avis, Pauline D'Orgeval, répond que le site a pour but d'"aider les malades à trouver rapidement un second avis d’expert, ce qui devient difficile. Spécialement en milieu rural, à l’étranger ou si on a des difficultés de mobilité."

Crédits photos : rangizzz/SHutterstock.com

Partager cet article