Autisme : des personnes "privées de leurs droits" pour Olivia Cattan

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Société Olivia Cattan, présidente de "SOS Autisme" le 25 mars 2016 sur Europe1
Olivia Cattan, présidente de "SOS Autisme" le 25 mars 2016 sur Europe1

Vendredi sur Europe1, la présidente de SOS Autisme Olivia Cattan a évoqué des personnes "déchues de leur nationalité" et confirmé que les établissements refusant des enfants autistes seront poursuivis en justice. Des actions appelées à être menées par Me Dupond-Moretti.

Un peu plus tôt dans la semaine, la présidente de SOS Autisme France Olivia Cattan avait fait parler sa plume électronique sur le site de L'Obs pour y dénoncer notamment une prise en charge insuffisante au niveau national. Et d'avoir indiqué dans le même temps que les "médias", les "élus" et même le "président de la République" allaient se voir remettre "un manifeste composé de dix mesures concrètes, applicables et nécessaires afin de permettre à tous ces enfants autistes d’avoir enfin un avenir dans leur pays."

Vendredi matin, Mme Cattan était reçue dans les studios d'Europe1. Cette mère d'un enfant autiste a de nouveau déploré une situation où, en France, 80% des enfants autistes ne sont pas scolarisés : "Je pèse mes mots. Pour moi ces personnes qui sont déchues de leur nationalité, [elles] sont privées de leurs droits, leurs droits les plus élémentaires : l’éducation, le soin".

Olivia Cattan sur l'autisme en France : une "inégalité sociale incroyable"

Une poignée de jours avant la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme qui se tiendra le 2 avril, la présidente de SOS Autisme rappelle qu'une loi datée de 2005 existe bien pour un accueil systématique des enfants autistes à l'école, mais qu'elle n'est que trop peu appliquée. Et d'indiquer au passage le coût exorbitant d'une prise en charge mensuelle de ces enfants : "La prise en charge coûte à peu près, une fois que la MDPH [NDLR : Maison départementale des personnes handicapées] nous donne notre allocation, [...] 3.000 euros par mois. Qui aujourd’hui peut payer ce tarif ? Il y a une inégalité sociale incroyable.

Alors il y a des parents, qui sont aisés, qui peuvent payer cette prise en charge, et leurs enfants arrivent à, pas guérir de l'autisme, mais en tout cas à s'améliorer, à pouvoir aller à l'école, à devenir autonomes. Mais nos enfants, les familles précaires, les classes moyennes, on ne peut plus payer".

Les écoles contrevenantes poursuivies en justice

Et si Olivia Cattan reconnaît que les lésés dans cette problématique n'ont pas la force contestatrice des agriculteurs ou encore des taxis, des actions en justice vont cependant être conduites à l'encontre des établissements contrevenants : "C'est ce qu'on va faire [NDLR : attaquer l'État], avec Me Dupond-Moretti, qui a décidé de se mettre à nos côtés pour attaquer par exemple les écoles qui refusent de scolariser les enfants, parce qu'il faut maintenant que la loi soit appliquée".

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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