Audiences radio truquées ? Bruno Guillon dit n'avoir "rien à se reprocher"

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Accusé de truquer les chiffres d'audience de Fun Radio, l'animateur Bruno Guillon se défend d'une telle manœuvre et évoque même la possibilité de porter plainte à son tour pour que justice soit faite.

Révélée il y a quelques jours, l'affaire d'audiences radio truquées par Fun Radio, selon plusieurs groupes, prend une ampleur de plus en plus conséquente. Ces groupes, au nombre de cinq, sont NRJ Group, Lagardère, Skyrock, les Indés Radio et NextRadioTV. Tous accusent Fun Radio, par l'intermédiaire de son animateur Bruno Guillon, d'avoir manipulé ses chiffres d'audience en incitant les auditeurs de la station à mentir à Médiamétrie, société s'étant fait de la mesure d'audience sa spécialité.

Jeudi dernier, une conférence de presse a été tenue par ces cinq groupes pour signaler la hausse d'audience, anormale à leurs yeux, de Fun Radio depuis six mois, et ce alors que la grille de programmes de la station n'a pas été modifiée. Alain Weill et Denis Olivennes, respectivement patrons du groupe NextRadio TV et d'Europe 1, ont ainsi estimé que "demander aux auditeurs de Fun de répondre à l'enquête de Médiamétrie aboutit à sur-représenter la radio, car le taux de non-réponse parmi les 126.000 interviews est de 90%".

Bruno Guillon considère "grotesque" d'être accusé de trucage d'audiences

Dans un entretien accordé au Parisien, Bruno Guillon semble se considérer telle une victime dans ce dossier : "C'est grotesque. M'accuser d'une manipulation des audiences en direct le matin, c'est comme si j'allais braquer une banque sans cagoule avec un panneau où figurent mes coordonnées. Je fais de la radio depuis 32 ans, je ne pense pas avoir fait carrière sur une réputation de brigand !"

Et d'ajouter que si sa démarche était aussi malsaine que des groupes concurrents le disent, Fun Radio n'aurait pas été la seule station à enregistrer une progression de ses audiences : "J'ai fait ce que font toutes les radios : demander aux auditeurs de revendiquer le fait qu'ils écoutent leur émission préférée. Si Fun était à l'origine de la plus grosse malversation, la logique aurait voulu qu'elle soit seule à progresser. Or, Virgin et France Inter montent aussi."

"Ce n'était pas un service commandé"

L'animateur se défend d'avoir prémédité cette "campagne de promo" de Fun Radio, laquelle a d'ailleurs décidé de porter plainte pour diffamation. Bruno Guillon pourrait même lui emboîter le pas : "Au regard des attaques répétées, je me réserve le droit de porter plainte à mon tour. Je n'ai rien à me reprocher."

Par voie de communiqué, la radio a indiqué que "les faits concernés porteraient sur la matinale de Fun Radio, émission à tonalité humoristique et potache, à destination d'un public jeune, dans laquelle son animateur Bruno Guillon a, à plusieurs reprises, incité ses auditeurs à prendre le temps de répondre aux enquêtes" de Médiamétrie. Et qu'"il n'y a à notre connaissance que trois messages sur une période de 5 mois, de septembre à janvier dernier, qui peuvent être discutables dans leur forme, mêmes s'ils ont été prononcés de façon humoristique".

Crédits photos : capture d'écran YouTube

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