Aubervilliers : la communauté chinoise défile contre les violences

Par , publié le
France Des membres de la communauté chinoise défilent à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour réclamer des mesures de sécurité renforcées après l'agression mortelle de l'un des leurs, le 21 août 2016 à Paris
Des membres de la communauté chinoise défilent à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pour réclamer des mesures de sécurité renforcées après l'agression mortelle de l'un des leurs, le 21 août 2016 à Paris

Hier, près de 2.000 personnes d'origine chinoise ont défilé dans les rues d'Aubervilliers afin de dénoncer le racisme et les violences répétées dont ils font l'objet et en font appel à l'Etat.

Généralement très discrète, la communauté chinoise de la ville de Seine-Saint-Denis a hier fait entendre sa voix. La mort de Zhang Chaolin, lors d'une violente agression, a été la goutte qui a fait déborder le vase et finalement décidé les français d'origine chinoise d'Aubervilliers à sortir de leur mutisme et défiler dans les rues de la ville pour crier leur exaspération face aux agressions dont ils font l'objet.

Près de 2.000 chinois défilent dans les rues d'Aubervilliers

C'est aux cris de "Liberté, égalité, fraternité et la sécurité pour tous !" que 1.800 personnes d'origine chinoise ont, selon les forces de l'ordre, manifesté dans les rues de cette ville populaire de Seine-Saint-Denis. Les autorités reconnaissent que les vols avec violence prenant pour cible des personnes asiatiques ont triplé en l'espace d'une année.

Selon Marina, une française d'origine chinoise venue manifester : "On fait appel à l'Etat car on est des citoyens français, même si on ne se sent pas assez considérés comme tels". Une banderole "J'étais Charlie comme vous. Je suis Chaolin, où êtes-vous ?" rappelle la mort de Zhang Chaolin, ce couturier de 49 ans battu à mort en voulant défendre un ami à qui trois malfaiteurs tentaient de voler son sac.

Des moyens renforcés pour le commissariat

Afin de faire réduire les violences contre la communauté asiatique de la ville, le commissariat d'Aubervilliers a reçu des renforts de policiers. Afin d'améliorer l'accueil des victimes d'origine chinoise dont beaucoup parlent mal le français et de fait ne portent pas plainte, une étudiante franco-chinoise a, dans le cadre de son service civique, été recrutée. Enfin, la préfecture s'est engagée à étendre davantage la vidéosurveillance dans la ville.

Les personnes d'origine asiatique font souvent l'objet de vols avec violence. La réputation que les chinois portent souvent sur eux de fortes sommes d'argent en liquide en font une cible de choix pour les voleurs. Aux côtés des manifestants, Meriem Derkaoui, la maire d'Aubervilliers, s'est étonnée du manque de réaction de l'Etat : "Quand je vois que les uns les autres montent au créneau, parce que deux trois femmes ont porté un burkini sur une plage, là il y a mort d'homme, alors j'attends que l'Etat fasse preuve d'un minimum de considération et reçoive la famille".

Crédits photos : © AFP BERTRAND GUAY

Partager cet article

Pour en savoir plus