Assassinat des moines de Tibéhirine : de nouveaux éléments "très forts"

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International Me Patrick Baudouin
Me Patrick Baudouin

L'enquête sur l'assassinat des moines de Tibéhirine ayant eu lieu en 1996 en Algérie vient de faire un grand pas en avant d'après l'avocat des familles.

Environ 20 ans après la mort des sept moines de Tibéhirine (Algérie), si les circonstances de ces décès comportent encore des pans très flous, l'enquête semble cependant progresser de manière notable. C'est en tout cas le principal message que l'on ressort des déclarations récemment émises par l'avocat des familles Me Patrick Baudouin.

Dans des propos rapportés par nos confrères de L'Express, l'avocat parle en effet d'une "avancée considérable" réalisée par les experts lors des autopsies pratiquées sur les moines, pour des résultats présentés jeudi matin au sein d'un rapport. En rappelant au passage qu'"en 1996, aucune instruction préliminaire n'avait été ouverte, ni en France, ni en Algérie, et qu'aucune autopsie officielle n'est recensée dans les dossiers".

Moines de Tibéhirine : "une décapitation post-mortem"

Il apparaît en premier lieu qu'aucun impact de balles n'a été observé sur les sept crânes, pas même "de traces de coups ou de blessures causées de manière volontaire". "Autre constat important, les experts sont en mesure de dire qu'il y a eu décapitation post-mortem des sept moines. Et de manière quasi-certaine, ils peuvent affirmer que les moines ont été enterrés puis déterrés. En restant strictement dans l'hypothèse, on peut concevoir que la décapitation serait survenue après un premier enterrement."

Une version officielle mise à mal

Toujours selon les analyses des experts, la mort des moines serait intervenue "entre le 25 et le 27 avril" 1996, soit "trois à quatre semaines" avant la publication du communiqué du GIA, le 21 mai. Alors qu'il se disait, jusqu'ici, que les moines avaient trouvé la mort "au moment de la publication du communiqué". Si Me Badouin ne souhaite pas, pour l'heure, désigner de possibles responsables dans cette affaire, "l'hypothèse d'une bavure de l'armée" pèserait à son sens de moins en moins lourd dans le dossier.

Crédits photos : capture d'écran Dailymotion

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