Air France : le principal syndicat de pilotes rejette le projet d'accord

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France Le siège d'Air France à Roissy
Le siège d'Air France à Roissy

Le plan présenté par la direction d'Air France, qui prévoyait des mesures de productivité, a été rejeté hier par le principal syndicat des pilotes.

L'accord qui avait été présenté par la direction d'Air France le 11 avril dernier, prévoyant des mesures de flexibilité, une augmentation de la productivité et 600 embauches d'ici à fin 2020 a été finalement rejeté par le premier syndicat de pilotes, annonçait le président du SNPL d'Air France, Philippe Evain.

Air France va devoir revoir sa copie

L'accord "Perform 2020" a été rejeté en bloc hier par le SNPL d'Air France, le principal syndicat de pilotes. Ce plan avait été présenté par la direction d'Air France le 11 avril. Cet accord, ne concernant que les pilotes de la compagnie aérienne française, ne peut être appliqué sans la signature du SNPL qui représente 65% des pilotes d'Air France.

"Après analyse, tant sur le fond que sur la forme, du projet d'accord Perform 2020, remis par la direction et ouvert à signature jusqu'au 2 mai, le conseil Air France" le SNPL a décidé de le "rejeter", indiquait à l'AFP le président du syndicat, Philippe Evain. Ce projet vise notamment à baisser le salaire horaire des pilotes en compensant cette perte par une augmentation du temps de travail. Le texte établit également l'objectif d'atteindre "plus de 3900 pilotes fin 2020", en passant par "plus de 600 embauches" dont "au moins 50" d'ici la fin de l'année.

Des conditions inacceptables pour le SNPL

"En l'état actuel des choses, ce projet était inacceptable", la compagnie "demandait aux pilotes des sacrifices importants en échange de promesses sur l'emploi et la croissance", expliquait la porte-parole du syndicat, Véronique Damon, à l'AFP. Selon Mme Damon, les pilotes n'auraient pas pu voler plus car ils sont "déjà  aux limites" maximales des heures de vols. Ils n'auraient ainsi pas pu compenser la perte de salaire évaluée entre 8 à 9%.

Ce rejet intervient alors même que l'augmentation de salaire de 65% du PDG du groupe Air France-KLM, Alexandre de Juniac, vient d'être révélée. Pour la porte-parole du SNPL il y a une "contradiction" à "juger la situation économique de l’entreprise suffisamment bonne pour justifier une augmentation de 65 % de la rémunération d’Alexandre de Juniac et nous dire en même temps que la situation est assez mauvaise pour imposer une baisse de rémunération aux pilotes". Cependant la porte est toujours ouverte pour une "vraie négociation" ajoutait-elle.

Crédits photos : © AFP/Archives THOMAS SAMSON

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