30 ans après Tchernobyl, le sol français est toujours contaminé par endroits

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France Illustration. Une centrale nucléaire.
Illustration. Une centrale nucléaire.

La Criirad, association antinucléaire, a publié une nouvelle étude sur les niveaux de radioactivité dans le parc national du Mercantour. Le seuil dépasse parfois la norme de plus de cent fois.

Le 26 avril 2016, le monde fêtera un triste anniversaire. Cela fera en effet exactement 30 ans que la centrale nucléaire de Tchernobyl a explosé, libérant d’importantes quantités d’éléments radioactifs dans l’atmosphère. Cet accident reste à ce jour la plus grosse catastrophe nucléaire civile de l’histoire de l’humanité.

Si à l’époque, les autorités françaises se voulaient rassurantes, martelant que le nuage radioactif n’avait jamais franchi la frontière, de nouvelles preuves découvertes dans le parc national du Mercantour indiquent bien évidemment le contraire.

Une contamination toujours effective 30 ans après

C’est une étude publiée le 31 juillet dernier par la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad) qui révèle l’inquiétante nouvelle. 30ans après l’explosion du réacteur N° 4 de la centrale de Tchernobyl, le niveau de radiation relevé dans le Mercantour et au Col de la Bonette-Restefond reste très alarmant.

La Criirad, qui rappelons-le est un organisme indépendant, a constaté un niveau de radioactivité au césium 137 plus de deux fois supérieur à la normale. Le métal radioactif dépasse parfois le seuil naturel de plus de cent fois. Certains échantillons de terre dégagent en effet une radioactivité dépassant les 100.000 becquerels. De plus, l’organisme précise que les vallées sont souvent le plus touchées, l’érosion naturelle concentrant les particules radioactives en un même endroit.

Une exposition problématique en 2 heures seulement

La Criirad précise que dans les lieux où la concentration est la plus élevée, il suffit de rester 2 heures sur place pour subir « une exposition non négligeable ». L’organisme précise dans l’étude « il ne faut pas rester longtemps dans les zones contaminées, car cette exposition longue peut avoir des conséquences graves : problèmes thyroïdiens, cancers, à en croire le directeur de l’organisme de recherche. La Criirad avait déjà tiré la sonnette d’alarme dès 1998, lorsqu’elle avait demandé au ministre de la Santé, de déconseiller aux visiteurs de trop s’attarder sur les lieux et avait recommandé de dégager quelques centimètres de sol dans les secteurs les plus contaminés. »

Mais, depuis toutes ces années, aucune mesure n’a été mis en application déplore la Criirad.

Crédits photos : Shutterstock.com

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